Riverains en colère contre RTA

Rio Tinto Alcan fait face à une tempête de mécontentement tout aussi violente... (Photo Gimmy Desbiens)

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(ALMA) Rio Tinto Alcan fait face à une tempête de mécontentement tout aussi violente que celle qui a déferlé sur le lac Saint-Jean à l'automne 2013 pour ravager ses berges. Un désastre qui a amené le gouvernement à obliger la multinationale à se soumettre à la procédure d'évaluation environnementale publique pour obtenir un renouvellement de décret.

C'est la MRC Lac-Saint-Jean, représentée par le maire de Saint-Gédéon Jean-Paul Boucher, qui a fermé la boucle politique. Le maire Boucher, parlant au nom de tous les élus du lac Saint-Jean, a réitéré que la gestion du lac Saint-Jean ne sera plus jamais le fait d'un seul gestionnaire. Les maires ont également dans la gorge le fait que la multinationale n'ait pas été à l'écoute des élus lors des deux renouvellements précédents.

«Lors du renouvellement des deux décrets, les propositions soumises par les élus n'ont pas été retenues. Il s'agissait de la protection du parc national de Pointe-Taillon, de l'acquisition de connaissances sur la ouananiche et les milieux humides. Le lac Saint-Jean est une richesse collective ", a déclaré le maire de Saint-Gédéon, dont les plages ont été particulièrement érodées l'an dernier.

«Le comité de la gestion durable du lac Saint-Jean entend donc jouer un rôle très actif sur ce plan et nous ne croyons pas que Rio Tinto Alcan possède la légitimité suffisante pour procéder aux arbitrages entre les intérêts économiques, sociaux et environnementaux associés au programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean ", a poursuivi le maire.

Ce dernier a même demandé aux représentants de l'entreprise de jeter à la poubelle la photographie d'une île dans le secteur de Saint-Coeur-de-Marie qui est complètement entourée de pierre.

Le débat est donc en train de reprendre exactement où il s'était arrêté lors des audiences publiques du début des années 1980. Les écologistes et groupes de riverains avaient alors dénoncé ces droits historiques et Alcan avait maintenu sa position légaliste en refusant systématiquement la remise en question de ceux-ci après 60 ans.

Aujourd'hui, les trois MRC sont unanimes pour remettre en question ce droit de gestion et de baignade historique, appuyés par des citoyens qui exigent de Rio Tinto Alcan des engagements fermes sur une ouverture par rapport aux droits historiques de 1922. Ces droits d'eau, il faut le rappeler, autorisent Alcan à dépasser les 16,5 pieds entre le premier septembre d'une année et le 23 juin de l'année suivante.

«Nous vous demandons si vous avez un plan B pour la gestion. Si vous n'avez pas de plan B sur la gestion, ou que vous ne prenez pas d'engagement pour une ouverture, les discussions que nous allons avoir seront stériles ", a déclaré le riverain Paul Morin, afin de vérifier si l'entreprise était disposée à faire des concessions sur ses droits historiques de baignade.

Les représentants de l'entreprise, qui répondent aux questions techniques sur le programme de stabilisation, sont évidemment demeurés muets sur la question la plus importante de toute cette problématique.

Un autre élément qui ressort de plus en plus de ces rencontres, et également des commentaires recueillis depuis la crise de l'automne dernier, concerne le changement de propriété de l'entreprise. Maxime Belley, du camping Belley, a invité les gestionnaires actuels du programme de stabilisation à agir comme ceux qui étaient en place dans les années 1990-2000.

Rio Tinto a visiblement réussi, avec sa gestion agressive du niveau du lac Saint-Jean, à dilapider le capital de sympathie que la compagnie Alcan avait réussi à accumuler pendant les premières années du programme de stabilisation des berges.

Cette troisième séance de consultation maison réalisée par Rio Tinto Alcan à Alma hier a été révélateur de l'humeur des riverains et utilisateurs du plan d'eau par rapport à la gestion du lac Saint-Jean au cours des dernières années.

Un peu plus d'une centaine de personnes, riverains, représentants d'organismes et élus locaux ont participé à cette séance dont l'objectif est d'aider la multinationale à dégager une vision de la gestion du lac pour le futur.

Ltremblay@lequotidien.com

L'hydrologue Bruno Larouche, qui a la responsabilité de gérer le lac Saint-Jean, a expliqué, graphique à l'appui, que certains signes tendent à démontrer qu'il y a déjà une modification dans le climat québécois. Depuis 2000, les analyses de RTA confirment une répétition de phénomènes de pluie ou redoux en période hivernale.

PROBLÈMES DE CONFIANCE - Le président de Riverains Lac-Saint-Jean 2000 a réitéré la position de son organisme sur une gestion à 15,5 pieds. Ce dernier a indiqué que l'organisme qu'il préside réservait ses questions et critiques pour le Bureau des audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Selon ce dernier, le BAPE est un organisme neutre qui ne reçoit aucun financement de la multinationale comme ce fut le cas pour l'UQAC (Chaire en éco-conseil) ou les consultants retenus par Alcan pour mener la consultation maison.

URGENCE - Il se dégage un sentiment d'urgence des interventions de certains riverains. C'est le cas de Maxime Belley, le propriétaire du terrain de camping La plage Belley. Ce dernier, dont la famille exploite un camping depuis la fin des années 1950, a indiqué qu'il y avait un sérieux problème d'érosion dans son secteur. Les plages disparaissent petit à petit. Pour une entreprise touristique de cette importance (125 000 clients par année), la qualité de la plage a son importance.

EMPIERREMENT - La citoyenne Johannie Blackburn d'Alma s'est présentée au micro pour demander au promoteur de s'interroger sur les impacts de l'empierrement massif de grandes zones riveraines. Elles criant que le recours à ces grandes structures soit néfaste pour la flore et la faune du plan d'eau.

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