« Ça va avec le reste », déplore Jean Tremblay

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Pour Jean Tremblay, la situation à l'Hôpital d'Alma illustre encore une fois la baisse de la religion catholique au Québec et également en Occident.

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Dave Ainsley Dainsley
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) «Actuellement, ce qui est en train de se passer, ce n'est pas juste que la religion prend le bord. C'est tout ce que ça entraîne d'autre comme difficultés sociales. On n'a pas l'air de le réaliser. On ne réalise pas qu'on en a besoin et un moment donné, on paye pour. »

Réagissant sur une base personnelle et non comme maire de Saguenay, Jean Tremblay a déploré avec vigueur, hier soir, l'abolition du poste de pastorale à l'Hôpital d'Alma occupé par le prêtre André Drapeau.

«Ça va avec le reste ", se désole le premier magistrat qui regrette que ces décisions soient souvent prises pour des considérations monétaires. " On n'a pas fini d'en voir. Je me demande si nos enfants vont trouver des prêtres pour pouvoir aller à l'église. Il n'y en aura plus ", constate-t-il.

Pour Jean Tremblay, la situation à l'Hôpital d'Alma illustre encore une fois la baisse de la religion catholique au Québec et également en Occident. Ailleurs dans le monde pourtant, la foi catholique gagne des adeptes. " On est tellement concentré sur nous-mêmes que parce que ça baisse au Québec, on pense que ça baisse partout, pointe le maire de Saguenay qui croit que la situation est cyclique. On se pense fin. On pense qu'on connaît tout et que parce qu'on a décidé que la religion, ce n'était plus important, ce ne l'est plus pour personne. Le Québec, dans le monde, ce n'est pas lui qui mène le bal. »

«On se pense un peu trop fin. Quand t'es rendu que tu n'as plus besoin du Bon Dieu, tant qu'à moi, tu es un petit peu trop fin ", reprend Jean Tremblay.

Patrimoine

Se sentant un peu impuissant, M. Tremblay s'inquiète du même coup pour le patrimoine religieux. " Les églises ferment une après l'autre. Financièrement, on ne sera jamais capables de maintenir nos églises ouvertes. Il y en a trop et ça coûte trop cher ", convient-il.

Pas question toutefois pour la municipalité d'investir dans les églises. Il reçoit régulièrement des demandes de la part des communautés religieuses, mais est dans l'obligation de dire non, rappelant qu'il n'a pas été élu pour ça. " Je vais commencer par asphalter les rues ", assure-t-il, soutenant que plusieurs églises ont besoin de rénovations majeures.

«Est-ce que je vais mettre 5 millions $ sur l'église ou sur l'asphalte? C'est sûr que je vais le mettre sur l'asphalte. C'est sûr que je vais le mettre sur les services aux citoyens. Qui va le mettre sur les églises? Personne. Un moment donné, c'est bien de valeur, mais elles vont tomber ", déplore Jean Tremblay qui signale que plusieurs églises sont des merveilles d'architecture. " C'est sûr que c'est difficile de se fermer les yeux sur un monument comme la cathédrale qui a besoin réparations. Mais que voulez-vous qu'on fasse. On ne sait pas ce qui va arriver ", s'inquiète-t-il.

Décision critiquée

L'organisme Saguenéens et Jeannois pour les droits de la personne demande à la direction du CSSS de Lac-Saint-Jean-est de revenir sur sa décision d'abolir le poste de chef de pastorale. Selon les responsables, cette décision ignore l'importance des droits culturels pour le respect de la dignité humaine. " De plus, cette décision des gestionnaires de ce CSSS bafoue le droit de Jeannois de mourir dans la dignité. Collectivement, nous devons nous assurer que l'exigence de neutralité de l'État ne dérive pas en une laïcité aussi intransigeante que l'intégrisme religieux ", signale le directeur général Normand Bernier dans un communiqué.

«Au moment où le ministre Gaétan Barrette opère une réforme dans la gouvernance, en proposant la création dans chaque région du Québec d'un Centre intégré de santé et de services sociaux, il est urgent de faire une réflexion sur les droits culturels, car ils forment encore un très large trou dans le filet de protection des droits de la personne ", espère-t-il.

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