Abolition du chef de pastorale

«Une atteinte à la dignité humaine»

L'abolition du poste de chef de pastorale à l'Hôpital d'Alma engendre... (Gimmy Desbiens)

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Gimmy Desbiens

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(ALMA) L'abolition du poste de chef de pastorale à l'Hôpital d'Alma engendre l'indignation d'un groupe d'auxiliaires bénévoles. Selon eux, la direction de l'établissement porte atteinte à la dignité humaine pour des considérations strictement budgétaires.

Au mois d'août, le prêtre André Drapeau quittait ses fonctions de chef de pastorale au CSSS de Lac-Saint-Jean-Est. Conformément aux ententes collectives, l'employé était rémunéré selon un taux horaire de 39,50$/heure, 35 heures par semaine.

Selon les bénévoles oeuvrant au sein du service de Soins spirituels et religieux, les dirigeants du CSSS ont profité du départ de l'abbé Drapeau pour procéder à des coupes budgétaires.

«Ils ne voient que des chiffres, que la rentabilité. On a littéralement perdu le sens de la personne. Ils peuvent argumenter tant qu'ils le veulent, il reste que nous sommes encore dans un milieu de croyants. Lorsqu'ils sont malades, les gens reviennent souvent à leurs racines. On a été élevés dans la religion. Les questions existentielles refont surface», exprime l'une des auxiliaires bénévoles, Huguette Larouche.

Comme ses pairs, cette dernière s'implique dans la pastorale du CSSS. Tantôt elle donne l'eucharistie, tantôt elle agit comme confidente.

L'abolition du poste de chef de pastorale aura un effet catastrophique sur l'offre d'accompagnement spirituel, affirme-t-elle.

Essentiellement, la décision administrative se traduit ainsi: le nombre de messes à l'Hôpital d'Alma a été réduit à une seule, les jeudis matin. Auparavant, il y avait trois offices.

La fin de semaine, il n'y a plus de prêtre de garde. Il y a toujours possibilité de faire appel à un abbé dans un cas d'urgence (patient mourant), mais rien ne garantit qu'un prêtre sera disponible si la situation se présente.

«Devons-nous attendre au lundi matin pour mourir?», lance Mme Laroche. Puis, elle raconte: «Il y a ce monsieur, l'autre jour, qui m'a dit qu'il lui fallait absolument guérir. Il avait peur de se retrouver en enfer parce qu'il avait divorcé. C'est dans ces moments-là qu'un prêtre est important. Ça va au-delà de la confession et de la communion.»

«Dans le contexte actuel, il serait facile de dire que le CSSS doit couper et que c'est comme ça. Mais dans la réalité, le débat est beaucoup plus large que ça. Ce n'est pas juste une question de piastres. Les patients, les mourants, ils ont droit au réconfort que leur procure la religion. On a grandi avec ces valeurs», enchaîne Luc Tessier, un autre membre de l'équipe de pastorale du CSSS de Lac-Saint-Jean-Est.

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