Usine de cogénération à Saint-Félicien

Des ajustements demandés

L'usine de cogénération a perdu 20% de ses... ((Photo Louis Potvin))

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L'usine de cogénération a perdu 20% de ses approvisionnements depuis que Résolu a décidé de ne pas renouveler son contrat de vente d'écorce. Ce qui place l'usine dans une situation précaire.

(Photo Louis Potvin)

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Louis Potvin
Le Quotidien

(SAINT-FÉLICIEN) L'usine de cogénération de Saint-Félicien est en danger depuis que Produits forestiers Résolu (PFR) n'a pas renouvelé son contrat de vente d'écorce. La centrale demande une aide stratégique de la part du gouvernement.

«On ne demande pas d'aide financière, mais une solution stratégique qui nous permettrait de survivre. Dans le contexte actuel, il est très difficile d'opérer de façon rentable», avance le directeur de l'usine félicinoise, Pascal Turcotte.

La direction a toujours été discrète sur les problématiques rencontrées au cours des années. Elle n'est pas du genre à se "lamenter" sur la place publique. Le directeur a accepté de rencontrer Le Quotidien pour expliquer dans quelle situation se trouvait l'usine qui emploie 30 personnes.

«Nous devons avoir accès à de la ressource au prix qu'on peut payer. Il faut trouver une solution à l'approvisionnement pour assurer notre futur», lance-t-il.

Une rencontre a eu lieu récemment avec le ministre des Forêts, Laurent Lessard, pour tenter de trouver des solutions pour que la centrale puisse mettre la main sur des écorces fraîches même si Résolu cesse d'en vendre à la centrale félicinoise, propriété de Greenleaf Power. C'est 65 000 tonnes d'écorce fraîche qui manquent pour assurer la production, soit 20% de l'approvisionnement.

«C'est la première fois que nous avons une écoute aussi grande. Les rencontres se multiplient. Ça nous encourage parce qu'il faut en arriver à une solution. Nous avons de grands défis devant nous cet hiver. Nous avons soumis des scénarios que nous ne pouvons pas dévoiler», mentionne Turcotte.

Quasi monopole

Dans le contexte où Résolu opère deux unités de cogénération, une à Dolbeau-Mistassini et une autre à l'usine de pâte de Saint-Félicien, la multinationale a donc besoin de beaucoup d'écorce. Ce quasi-monopole fait mal à la Société de cogénération de Saint-Félicien. Pour s'approvisionner en écorce fraîche, elle fait affaire avec Arbec et les scieries indépendantes de la région. Ce qui n'est pas suffisant. Elle ne peut pas vraiment se tourner vers les sites de dépôt d'écorce où elle coûte plus cher la tonne à utiliser. (voir autre texte).

L'autre paradoxe, c'est que la centrale de Saint-Félicien, qui a une capacité de 22 mégawatts, doit composer avec un contrat d'électricité désavantageux. Elle reçoit 63$ du mégawatt tandis que Résolu empoche 110$ à ses deux usines. Un écart qui fait toute une différence quand arrive le temps de payer pour acheter ou aller chercher la biomasse en forêt. «Avec ce tarif, ça ne nous permet pas de payer les coûts de transport et la valeur de la fibre disponible en Mauricie. C'est un désavantage important, car il y a beaucoup d'écorce dans ce coin», expose le directeur de l'usine.

Il semble impossible de rouvrir le contrat avec Hydro-Québec. La question a été soulevée depuis des années et le gouvernement ne veut pas créer de précédent.

Pascal Turcotte s'est résigné. «Nous, on compose avec notre réalité. En revanche, ça va nous prendre des solutions de la part du gouvernement sinon on ne passera pas à travers», prévient-il.

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