De retour au Saguenay, deux mois après un infarctus

Un miracle nommé Clarence Bourgoin

André Coppens et Clarence Bourgoin sont voisins de... ((Photo Rocket Lavoie))

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André Coppens et Clarence Bourgoin sont voisins de stands en fin de semaine, dans le cadre du symposium Villages en couleurs. Le premier veille sur son ami qui, il y a deux mois, a failli être emporté par un infarctus.

(Photo Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(PETIT-SAGUENAY) Clarence Bourgoin est le seul artiste qui ne créera aucune oeuvre en fin de semaine, parmi les invités au symposium Villages en couleurs de L'Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay. L'homme originaire du Nouveau-Brunswick, qui participe à cet événement depuis 12 ans, ne sortira pas ses pinceaux parce qu'il y a deux mois, il est passé à un souffle de la mort. Ou plutôt, à un battement de coeur.

«Il me reste 40% de mes capacités», a précisé le convalescent hier, au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. Derrière lui, quelques scènes d'automne et d'hiver qui ont été transportées par son vieil ami, le Belge André Coppens, témoignent de son goût pour les paysages. Il y a aussi une chaise différente de celles de ses collègues, puisque le siège est rembourré.

«Depuis que je suis arrivé, mes camarades me gâtent. Ils m'apportent plein de choses et me rappellent que ce n'est pas grave si je prends une sieste à l'occasion. C'est comme les messages qui sont arrivés à la maison depuis ma crise. Je n'aurais jamais pensé qu'on m'aimait autant que ça», s'émerveille Clarence Bourgoin.

Quelques journées au soleil lui ont donné bonne mine, si bien qu'on ne soupçonnerait pas que cet homme âgé de 68 ans est un miraculé. Deux fois, en l'espace de quelques heures, son coeur a flanché à l'occasion d'un symposium tenu à Château-Richer. Deux fois, le peintre était seul, d'abord à côté de sa voiture, puis dans sa chambre où, de peine et de misère, il s'était réfugié après son premier infarctus.

C'est là que l'a trouvé l'épouse d'André Coppens, le lendemain matin. Inquiète de ne pas le voir au déjeuner, elle avait récupéré les clés de son véhicule, tombées sur l'asphalte, avant de constater que la porte de sa chambre était restée ouverte.

«Je l'entendais crier à André, mais je ne pouvais rien faire, ni parler, ni bouger», relate Clarence Bourgoin. Lui qui se voyait célébrer ses 100 ans, comme plusieurs l'ont fait du côté de sa mère, venait de payer le tribut imposé par sa consommation quotidienne de 50 cigarettes, les nombreuses fois où une barre de chocolat a tenu lieu de repas, ainsi que les journées de travail de 15 heures.

«J'ai trop poussé la machine», reconnaît-il sans se faire prier.

À côté de son corps

La grande chance de Clarence Bourgoin fut de se trouver près de l'Hôtel-Dieu de Québec, où on l'a transporté d'urgence. Il s'en est fallu de peu, cependant, pour qu'il se transforme en poussière d'éternité. «Deux fois, j'ai vu mon corps sur lequel des gens travaillaient. Il était sur un lit, moi sur un autre. À un moment donné, je suis allé le rejoindre avant de retourner vers l'autre lit», confie l'artiste.

Lui-même ne ressentait aucun mal, comme si cet épisode dramatique concernait quelqu'un d'autre. Son médecin a révélé qu'il l'avait "perdu" en deux occasions, ce jour-là, ce qui illustre à quel point son apparition à l'Aréna de la Vallée de Petit-Saguenay, jusqu'à demain, représente un pied de nez à la fatalité.

«Il tenait à venir ici parce que c'est le dernier symposium de la saison», note André Coppens. Le médecin n'était pas d'accord, avant de lâcher du lest afin de préserver le moral de son patient. Celui-ci craignait de voir poindre le spectre de la dépression, en effet. Il savait que le meilleur antidote prenait la forme d'une sortie dans le Bas-Saguenay.

«Je me trouve chanceux d'être ici. Je sais que ça va me faire du bien, que c'est une forme de thérapie. En retour, j'ai promis de ne plus fumer, de ne pas peindre et de ne rien transporter», fait remarquer Clarence Bourgoin, qui a la ferme intention de respecter cet engagement.

Il se voit aussi revenir en 2015, un espoir nourri par les propos de son médecin, qui croit que son coeur pourrait récupérer de 5% à 10% de ses capacités. En attendant, l'artiste rêve du jour où il pourra se rendre au premier étage de sa résidence, là où se trouve son atelier. Le moment venu, peut-être aura-t-il le goût de peindre une scène de résurrection.

En raison du congé de l'Action de grâce, Le Quotidien ne sera pas publié lundi, le 13 octobre. Les bureaux administratifs seront également fermés. Il sera cependant possible de joindre la rédaction lundi à compter de 16h, en composant le 418-690-8800. Nous vous invitons également à visiter le www.lequotidien.com afin d'obtenir une couverture complète des événements majeurs du jour et le compte-rendu du match des Saguenéens de Chicoutimi disputé dimanche.

Bon congé et à mardi!

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