Malgré l'exploitation forestière

La population de caribou forestier a doublé

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Le plus récent inventaire des populations de caribou forestier réalisé au Saguenay-Lac-Saint-Jean confirme que le nombre d'individus recensés a doublé, malgré le fait qu'il évolue dans des zones où le territoire a été perturbé, à près de 70 % de sa superficie globale, par des opérations forestières.

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(Chicoutimi) Le plus récent inventaire des populations de caribou forestier réalisé au Saguenay-Lac-Saint-Jean confirme que le nombre d'individus recensés a doublé, malgré le fait qu'il évolue dans des zones où le territoire a été perturbé, à près de 70 % de sa superficie globale, par des opérations forestières.

Les chiffres sur la composition de chacune des cinq hardes réparties sur un territoire couvrant une superficie de 18 375 kilomètres carrés proviennent d'une opération d'échantillonnage menée par le ministère de la Faune entre le 27 février et le 10 mars 2012. Le gouvernement avait procédé au même inventaire aérien en 1999-2002 et a donc été en mesure de comparer les résultats pour les mêmes superficies observées.

En ce qui concerne le niveau de perturbation, il s'agit d'observations réalisées à partir des images satellites en tenant compte des interventions forestières. Le gouvernement n'a pas jugé nécessaire d'établir cet indicateur particulièrement important dans le cadre des différents plans de rétablissement du caribou forestier.

Selon le tableau présenté à la page 16 du rapport de L'inventaire du caribou forestier (Rangifer tarandus) à l'hiver 2012 au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mené sous la gouverne de la direction de l'expertise régionale du ministère, 247 caribous ont été répertoriés dans les ravages pour cinq hardes identifiées en fonction des principaux plans d'eau où elles évoluent. Lors du premier inventaire réalisé au début des années 2000, les techniciens de la faune et biologistes avaient répertorié 116 animaux.

Cet inventaire, dont Le Quotidien avait demandé copie en vertu de la loi d'accès à l'information l'an denier, ne fera évidemment pas l'affaire des groupes environnementaux qui mènent en ce moment une campagne internationale contre l'aménagement forestier dans la forêt boréale canadienne avec, comme animal fétiche, le caribou forestier. Ils veulent ainsi répéter la grande campagne des blanchons qui a pratiquement fait disparaître l'industrie de la chasse au phoque dans le début des années 1980 dans l'estuaire du Saint-Laurent.

Cet inventaire démontre qu'il existe encore beaucoup d'inconnues sur le caribou forestier et que certaines questions sont sans réponse. Les spécialistes ont établi que pour assurer la survie des hardes, le caribou forestier doit présenter un ratio de 15 faons par 100 femelles.

Il ressort, selon les chiffres cités par le biologiste Claude Dussault qui a supervisé le travail, que le troupeau a doublé en nombre malgré le fait que ce rapport n'est que de 10 faons par 100 femelles.

Le biologiste estime que le nombre d'individus dans un troupeau ne constitue pas automatiquement un indicateur de la santé du troupeau. Selon Claude Dussault, le faible recrutement de faons observé pendant l'inventaire pourrait s'expliquer par une prédation accrue de l'ours noir sur les nouveaux-nés. Les biologistes partent du fait que l'ouverture des forêts par l'aménagement forestier permet à l'ours brun de devenir un prédateur des faons lorsque les femelles mettent bas au printemps.

Malgré cette prédation et le haut niveau de perturbation forestière, le biologiste tente d'expliquer l'augmentation du troupeau par d'autres éléments sans toutefois apporter de réponse scientifique à cette réalité. Il a rappelé que la mesure 4 du plan de rétablissement du caribou forestier du Québec 2005-2012 identifiait l'intensification de la lutte au braconnage comme moyen de soutenir les troupeaux. La mesure 2 du même plan recommandait que les Innus cessent l'abattage des caribous forestiers. L'auteur croit que depuis 2000, la communauté de Betsiamites a mis un terme à cette chasse, ce qui aurait pu faire croître le troupeau de 40 à 80 individus.

En guise de conclusion, le biologiste en arrive à l'hypothèse que cette croissance assez exceptionnelle du troupeau pour la zone sous observation pour s'expliquer par une migration à partir de deux autres secteurs réputés pour la présence de caribous. Claude Dussault réitère qu'il s'agit d'une hypothèse.

Il recommande en terminant la réalisation d'inventaires du même type à tous les cinq ans, de façon à mieux comprendre l'évolution des paramètres de ces populations réparties dans la grande forêt boréale québécoise.

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