Mieux vaut des fermes familiales

Yvon Simard était l'invité du Cercle de presse... (Photo Michel Tremblay)

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Yvon Simard était l'invité du Cercle de presse du Saguenay, hier matin.

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Le président régional de l'UPA, Yvon Simard, a été très clair au Cercle de presse du Saguenay, hier matin. Il préfère, et de loin, des investisseurs qui s'installent sur des terres agricoles pour faire de la production que des financiers qui s'enrichissent.

Yvon Simard faisait allusion à Charles Sirois et à son partenaire, Serge Fortin, qui ont acheté 6000 acres de terres cultivables au Lac-Saint-Jean. Le président privilégie les fermes familiales et l'autosuffisance alimentaire. « Quand on est seulement un locataire des terres, ce n'est pas l'idéal. Le sentiment d'appartenance n'est pas le même «, a-t-il expliqué, ajoutant que l'occupation du territoire doit se faire par des gens de chez nous, des gens qui sont propriétaires plutôt que locataires. Cette précision faite, il dit laisser la chance aux coureurs et précise qu'il a fait part de ses préoccupations aux nouveaux acheteurs. L'important, selon lui, est de ne pas affecter le tissu agricole et d'acheter local.

Valeur en hausse

Yvon Simard reconnaît que la valeur des fermes augmente, ce qui rend difficile le transfert de la propriété agricole du père au fils ou à la fille. C'est pourquoi il demande au gouvernement, dans sa politique agricole, de supporter les fermes. Et cela passe notamment par une bonification des subventions à la relève ainsi que par l'instauration d'avantages fiscaux. Selon lui, la relève existe bel et bien. Le problème, c'est qu'elle rencontre d'importantes difficultés lorsque vient le temps d'acheter les terres familiales. « Les parents doivent faire des sacrifices, car les avantages fiscaux ne sont pas au rendez-vous «, a-t-il expliqué. Quand les conditions ne sont pas réunies, il est quasi impossible d'acheter la ferme familiale en raison des coûts élevés.

S'agissant de la relève, le président de l'UPA mentionne que plus personne ne veut travailler 100 heures par semaine sur sa terre. Aujourd'hui, les jeunes sont bien formés. Ils veulent aussi bénéficier de temps de qualité, s'adonner à des loisirs et être en mesure de prendre des vacances. Les jeunes veulent avoir du temps pour s'occuper de leur famille. Le modèle d'autrefois, alors que la conjointe et les enfants étaient impliqués, est en train de changer. « La conjointe n'est pas une employée et elle n'est pas obligée de travailler à la ferme, mais elle doit savoir qu'il y a des contraintes «, a-t-il expliqué.

Évidemment, avec la réforme de l'assurance-emploi, il croit qu'il sera plus difficile de trouver de la main-d'oeuvre, notamment pour des remplacements.

Trop de producteurs

Interrogé à savoir s'il y a trop de producteurs d'agneaux, Yvon Simard a indiqué que jamais il ne dira qu'il y a trop de producteurs, qu'importe dans quel domaine ils oeuvrent. « Je veux en voir plein dans nos rangs «, a-t-il lancé. Concernant précisément la production d'agneaux, il reconnaît qu'au Québec, on n'est pas de grands consommateurs. Pour finir, les autres pays leur rentrent dans le corps en faisant du « dumping «, comme c'est le cas pour d'autres types de productions.

Au cours de la rencontre, Yvon Simard a particulièrement insisté sur l'importance de notre autosuffisance alimentaire ainsi que sur la nécessité d'établir un contrôle de traçabilité.

Interpellé, par ailleurs, sur l'implantation d'éoliennes sur notre territoire, le président mentionne que certains producteurs ont été approchés au Lac-Saint-Jean. « On veut en installer. Ça brasse encore, mais il n'y a pas de demandes auprès des agriculteurs de Saguenay. «

Cdelisle@lequotidien.com

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