Bouchard s'inquiète du poids des municipalités

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(QUÉBEC) Les municipalités ont trop de poids dans les premiers pas du développement de l'industrie pétrolière au Québec, s'inquiète Lucien Bouchard.

« Pour le moment, ce n'est pas équilibré. Il y a un conseil municipal [à Gaspé] qui a adopté un règlement qui bloque le développement de l'entreprise [Pétrolia] qui a investi de l'argent et qui a obtenu un permis de Québec. Il va falloir trouver des solutions. Ça ne peut pas rester comme ça «, a-t-il déclaré hier.

M. Bouchard a quitté la présidence de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ).

La raison : son client, Talisman, a quitté le regroupement. Depuis quelques semaines, la société albertaine « révise son portefeuille d'investissement dans le monde «, a-t-il expliqué. L'automne dernier, elle a radié 109 millions de dollars d'actifs dans le gaz de schiste au Québec.

Hier, le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, a commandé une consultation large du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le gaz de schiste. Il déposera aussi bientôt un projet de loi pour mettre en place un moratoire sur l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste dans les basses terres du Saint-Laurent.

Le départ de Talisman était déjà prévu avant cette annonce, a dit M. Bouchard. Il ne critique donc pas la décision. « Il est légitime de vouloir examiner à fond toutes les données relatives à l'exploitation, de s'en remettre à la science, de faire une large consultation et de rendre la discussion moins passionnelle «, a-t-il expliqué.

Quant au projet de loi, il rappelle qu'il y avait déjà « un moratoire de facto très strict « auquel l'industrie « coopérait étroitement, de façon très responsable «. « Qu'est-ce que ça ajouterait? Je ne sais pas «, a-t-il lancé.

Pas encore de loi sur les hydrocarbures

Le pétrole de schiste, qui nécessite aussi de la fracturation hydraulique, n'est pas inclus dans le moratoire. « Le gouvernement a une politique beaucoup plus ouverte avec le pétrole «, a-t-il noté.

Il n'existe pas encore de loi sur les hydrocarbures. Le gouvernement péquiste en prépare une. Il faudra réfléchir au rôle des municipalités, a dit M. Bouchard.

« Ont-elles un veto absolu? On pourrait penser, et c'est mon cas, que le rôle déterminant, c'est l'État qui doit l'assumer. Ça ne veut pas dire qu'il faut exclure une participation, des responsabilités locales, mais il faut trouver un équilibre. «

« En zone habitée, les réticences sont plus vives et c'est normal, poursuit-il. Mais il y a d'autres collectivités qui ont vécu des difficultés de ce genre et qui les ont réglées avec des normes, par exemple pour la distance [d'un forage]. On peut s'en inspirer. Par contre, on ne peut pas imaginer qu'il y ait autant de normes que de municipalités. Il doit y avoir une certaine uniformité sur le territoire «, a-t-il dit.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, qui a déjà eu des accrochages avec l'ancien premier ministre péquiste, a été très réservée dans ses commentaires.

« M. Bouchard est un ancien premier ministre et quelqu'un qui a une très grande crédibilité. Mais lorsqu'il a décidé de prendre la présidence de l'Association pétrolière et gazière du Québec, c'est un choix personnel qu'il a fait, c'est un choix professionnel qu'il a fait, et ses choix lui appartiennent «, a-t-elle lancé.

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