Retour vers la misère

Les travailleurs forestiers ont fait savoir au député... (Photo Jeannot Lévesque)

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Les travailleurs forestiers ont fait savoir au député de Roberval Denis Trottier qu'ils ne veulent pas retourner à des conditioins de travail des années 1960. Tout à tour, Mario Buissières, Hubald Desgagné, André Grimard et Richard Paradis ont illustré certains effets pervers du nouveau régime forestier pour les travailleurs. Ils étaient en compagnie du porte-parole régional de la FTQ, Jean-Marc Crevier

Photo Jeannot Lévesque

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(JONQUIÈRE) L'émergence d'une nouvelle industrie de récolte forestière fondée sur le modèle des coopératives et évoquée par le député Denis Trottier pour soutenir le Régime forestier québécois va replonger les travailleurs dans des conditions comparables à celles des années 1960 ou l'arbitraire, la misère et l'insécurité financière constituaient le lot quotidien de milliers de personnes.

Le Quotidien a rencontré hier des travailleurs forestiers découragés de l'attitude du député péquiste de Roberval qui est soudainement devenu le grand défenseur du régime forestier articulé par le gouvernement libéral.

«Avant les dernières élections, Denis Trottier critiquait le modèle proposé par le gouvernement Charest. Aujourd'hui, il est au pouvoir et lui trouve de grandes qualités parce qu'une coopérative a obtenu un lot aux enchères. C'est une belle affaire. Le gouvernement va obtenir plus cher pour son bois, mais Denis Trottier oublie que ce sont les travailleurs qui vont financer ce gain du gouvernement. On va s'en rappeler aux prochaines élections», a insisté André Grimard, membre du Syndicat des travailleurs forestiers du Québec affilié à la FTQ et employé de la division Mistassini de la papetière Résolu.

Le calcul est relativement simple à faire pour les travailleurs forestiers. Avant l'adoption du régime forestier, le syndicat comptait 800 membres. Après l'adoption, ils ne seront plus que 400 à l'emploi de Résolu. Les 400 autres devront chercher un emploi ailleurs en raison de la diminution des approvisionnements garantis et remplacés par la mise aux enchères.

«On sait ce qui se passe puisque nous partageons des camps avec les travailleurs des coopératives. Un travailleur syndiqué chez Résolu reçoit 1500$ bruts par semaine pour 52 heures en forêt par semaine sans temps supplémentaire. Les gars qui travaillent pour les coopératives reçoivent 1000$ par semaine, qu'ils fassent 52 ou 58 heures. C'est un montant fixe et rien n'oblige un entrepreneur à forfait pour la coopérative de respecter un ordre de salaire. C'est tout un gain pour les travailleurs. Au moins 400 personnes vont voir leur revenu diminué du tiers chaque semaine et notre député trouve que c'est une bonne chose», indique Richard Paradis, un autre forestier à l'emploi de Résolu dans le secteur Saint-Félicien.

Virage

André Grimard ne s'étonne pas du virage à 190 degrés du député Denis Trottier. Il se rappelle que lors du passage du syndicat en commission parlementaire sur le débat du régime forestier, le représentant péquiste de Roberval s'est présenté en retard pour les travaux et n'a pas posé une seule question, alors qu'il est adjoint parlementaire de la ministre Martine Ouellet responsable de tout le volet forestier.

Les travailleurs rencontrés par Le Quotidien sont tous à l'emploi de Résolu, mais refusent de défendre la papetière. Ils constatent sur le terrain que les entreprises qui critiquent le régime ont rapidement trouvé des moyens d'en profiter. Résolu a ainsi choisi de faire ses propres enchères avec des volumes garantis. Un système qui tirera également à la baisse les conditions de travail des propriétaires de machinerie forestière.

Les travailleurs ne savent plus à quel saint se vouer pour qu'une personne se réveille au sein du gouvernement péquiste pour comprendre que ce régime aura des conséquences à long terme irréparables: «Dans deux ou trois ans, quand la demande du bois sera au plus haut, les compagnies vont chercher des travailleurs et ils n'en trouveront plus avec de l'expérience. On va alors comprendre que pour vendre des madriers à gros prix aux États-Unis, ça prend du monde pour couper les arbres. Ils n'ont pas fini de se plaindre que les jeunes ne veulent rien savoir de la forêt. C'est de leur faute», a conclu Mario Buissières de la division Péribonka de Résolu.

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