Carolle-Anne Chalifour: quatre ans pour avoir battu un retraité

Deux drogués attirés en 2010 par des rumeurs de grosses  sommes d'argent... (Photo Jeannot Lévesque)

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(Chicoutimi) Deux drogués attirés en 2010 par des rumeurs de grosses sommes d'argent comptant au domicile d'un entrepreneur en construction à la retraite de 72 ans l'ont ligoté, bâillonné, déshabillé et battu sévèrement pendant des heures pour lui faire avouer où il cachait sa fortune présumée. Le septuagénaire effectuait encore, à son âge, de petits boulots de briquetage pour lesquels il était payé comptant. Il fréquentait une femme toxicomane âgée de 35 ans dont il réglait les dettes de drogue. Cette femme aurait alimenté les rumeurs qui sont venues aux oreilles du trafiquant de drogue, Denis Bonneau, et de sa complice, Carolle-Anne Chalifour, une morphinomane âgée de 20 ans.

Tous deux rêvaient de trouver 150 000 $ au domicile sécurisé de la victime sur la rue Sainte-Famille, à Jonquière.

Chalifour a pu y entrer avec Bonneau en prétextant un besoin d'aide pour un véhicule en panne. En moins de deux, la victime a été neutralisée et soumise à l'interrogatoire. Le duo de tortionnaires a quitté sans obtenir de réponse satisfaisante à leur goût tout en laissant la victime inconsciente au plancher, nue, ligotée, avec un bas maintenu sur la bouche par du ruban adhésif. Dans leur précipitation, ils ont passé à côté de 1700 $ en billets de banque rangés dans les vêtements de la victime.

Voisin inquiet

Un certain temps après leur départ, un voisin s'est inquiété de la présence de taches de sang dans la neige et a tenté, sans succès, de communiquer avec l'entrepreneur. Pas de réponse.

La police est intervenue à la demande du voisin et a cru, en raison de la gravité des blessures, que la victime était morte.

Quelques signes vitaux leur ont donné espoir. L'homme a été traité à l'unité des soins intensifs de l'Hôpital de Chicoutimi, où il a été inconscient pendant un mois. À son réveil, il avait perdu une partie de sa mémoire rapprochée et avait peu de souvenirs de sa terrible mésaventure. Il ne pouvait plus marcher.

Pendant des mois, l'enquête a piétiné par manque d'informations. Le policier Steeve Tremblay, de la Sécurité publique de Saguenay, a déclaré aujourd'hui au tribunal, qui a donné sentence à Carolle-Anne Chalifour, que la victime ne le reconnaissait pas d'une rencontre à l'autre.

Sentence

Un an plus tard, à force de patience, la police a mis la main sur Chalifour, qui a tout avoué.

En février 2011, Denis Bonneau a réglé tous ses dossiers de l'Opération antidrogue Pastille avec une sentence globale de huit ans de pénitencier, dont cinq pour l'invasion du domicile du briqueteur, 15 mois plus tôt.

Hier, après neuf mois de détention préventive, sa jeune complice maintenant âgée de 22 ans a été condamnée à quatre ans pour vol qualifié et possession de morphine. Elle n'avait qu'un antécédent de vol. Les avocats de la défense, Me Julien Boulianne et Me Dominic Bouchard, ainsi que de la Couronne, Me Mélanie Paré, ont présenté leur recommandation de sentence qui a été acceptée par le tribunal.

Le policier Steeve Tremblay a livré quelques informations plus récentes sur l'état de santé de la victime : ses capacités intellectuelles de dégradent de plus en plus, ses biens sont administrés par un membre de sa famille et il n'a plus aucune autonomie dans un centre de soins de longue durée.

« C'est difficile de briser la vie plus que vous l'avez fait », a fait observer à la jeune femme le juge Richard Daoust, de la Cour du Québec, qui a qualifié la sentence de raisonnable.

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