Christine, la reine-garçon, de Michel-Marc Bouchard

Retour réussi

Céline Bonnier porte sur ses frêles épaules la... ((Photo Michel Tremblay))

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Céline Bonnier porte sur ses frêles épaules la pièce Christine, la reine-garçon, une création du Théâtre du Nouveau Monde qui a été présentée hier soir, à Chicoutimi.

(Photo Michel Tremblay)

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Daniel Côté
Le Quotidien

(Chicoutimi) À quel moment la raison devient cynisme, l'amour une menace, l'idéalisme un fantasme?

Telles sont quelques-unes des pistes explorées dans la nouvelle pièce du Jeannois Michel Marc Bouchard, Christine, la reine-garçon. Présentée au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi hier, à la faveur des soirées inaugurales organisées par Diffusion Saguenay, cette création a marqué le retour du Théâtre du Nouveau Monde dans la région après une trop longue absence.

Servie par la mise en scène dépouillée de Serge Denoncourt, qui laisse toute la place aux comédiens, cette oeuvre explore habilement les méandres des sentiments humains, dans un contexte où ils sont confrontés à la raison d'État. Vêtus de noir sur fond noir, les protagonistes ont peine à transcender leur grande noirceur à eux, celle du luthérianisme à la mode suédoise.

Le premier d'entre eux, c'est évidemment Christine, la souveraine malheureuse d'un royaume qui collectionne les victoires militaires, autant que les succès économiques. Élevée comme un garçon, elle parle de paix, mais aime le soufre des champs de bataille. C'est une femme intelligente, sérieuse, honnête. Ce serait une reine parfaite si elle n'avait le défaut de chérir son célibat.

La cour insiste pour obtenir un héritier, histoire d'assurer la suite des choses, mais Christine n'en fait qu'à sa tête. Les propositions affluent d'Europe, souvent intéressées, rarement intéressantes. D'autres émanent de ses proches, notamment d'un cousin follement amoureux, ainsi que d'un comte qui a grandi avec elle.

Ce que montre la pièce, c'est d'abord une femme tourmentée, colérique, une femme qui, par sens du devoir, mais surtout pour embrumer les élans de son âme, a rempli sa tête de théories modernes. Après avoir constaté la futilité de ses efforts, puisqu'elle tombe amoureuse d'une jolie comtesse, Christine réalise que le temps des choix est arrivé.

Doit-elle s'oublier pour honorer la foi luthérienne et assurer la continuité de la lignée royale ou accepter l'offre du pape, qui est prêt à lui conférer le statut de reine vierge? Entre la soumission et la fuite, on comprend qu'il n'y a guère de place pour celle qui occupe ses pensées.

Le tourment de la reine, parfois doux, souvent proche de la torture, est fort bien exprimé par Céline Bonnier, qui porte la pièce sur ses frêles épaules. L'histoire remonte à plusieurs siècles, mais il y a quelque chose de moderne dans la rage mal contenue, la curiosité insatiable et la terrible lucidité que laisse voir son personnage.

Plus de détails dans la version papier du Progrès-Dimanche//

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