Droit de mourir dans la dignité

Le cri du coeur d'une mère

Chantale Bergeron prend soin de son fils atteint... ((Photo Rocket Lavoie))

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Chantale Bergeron prend soin de son fils atteint de fibrose kystique. Elle estime que les services offerts aux aidants naturels sont minimes.

(Photo Rocket Lavoie)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le projet de loi pour encadrer le droit de mourir dans la dignité, qui sera déposé par le gouvernement Marois, touche plusieurs personnes de la région. C'est le cas de Chantale Bergeron, de Jonquière, qui accompagne son fils atteint de fibrose kystique. L'homme de 29 ans, extrêmement souffrant, a déjà voulu attenter à ses jours.

Chantale Bergeron s'est battue toute sa vie afin d'obtenir des soins de qualité pour son fils, Jimmy. Ce dernier souffre de fibrose kystique depuis ses 17 mois. En plus d'être terriblement atteint aux poumons, Jimmy souffre de diabète de type 1. Hospitalisé des centaines de fois, il a passé une bonne partie de sa vie dans les chambres d'hôpital. Aujourd'hui, l'homme de 29 ans n'a plus la force de se battre. Il ne peut même plus recevoir ses injections d'insuline, car ses veines sont trop en mauvais état.

Il refuse maintenant d'être hospitalisé et souhaite rester chez lui. Sa mère constate qu'il est tout simplement au «bout du rouleau», confie-t-elle, les yeux dans l'eau. Chantale Bergeron désire sensibiliser la population sur le rôle d'aidant naturel et sur le droit de mourir dans la dignité. C'est pour cette raison qu'elle a accepté de se confier au Progrès-Dimanche.

«Jimmy ne veut plus rien savoir des hôpitaux. C'est bizarre, car cette semaine, le droit de mourir dans la dignité est revenu dans l'actualité. Vous savez, j'espère que ce projet de loi sera accepté le plus rapidement possible. Car actuellement, Jimmy ne partira pas du tout dans la dignité. J'ai surtout peur qu'il parte par ses propres moyens tellement il est souffrant», affirme la dame. D'ailleurs, son fils a fait quelques tentatives de suicide au cours de sa vie.

Chantale Bergeron a passé sa vie à s'occuper de son fils. Elle a dû abandonner son emploi pour se consacrer à lui. «J'ai donné tout ce que je pouvais pour lui, je crois avoir fait au moins 300% de mon rôle de mère», estime Chantale Bergeron.

Aidant naturel

À l'âge adulte, Jimmy a voulu déménager dans son propre appartement, afin d'être plus indépendant. Sa mère demeure à quelques pas de chez lui et s'y rend quotidiennement. Le problème, c'est qu'elle n'a plus accès à la maigre subvention du gouvernement destinée aux aidants naturels. «Il ne vit plus avec moi, alors je n'ai droit à rien. J'ai respecté le choix de mon fils de vivre sa vie en appartement, mais je suis autant une aidante naturelle que s'il vivait toujours avec moi. C'est très difficile, car nous vivons dans une grande insécurité financière et émotionnelle. Les aidants naturels devraient avoir droit à plus, mais nous ne sommes pas compris», estime Chantale Bergeron.

Plus de détails dans la version papier du Progrès-Dimanche//

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