En mars

Les hôpitaux rayeront la malbouffe

Exit les fritures et les barres de chocolat! Les hôpitaux de la région... ((Photo Jeannot Lévesque))

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(Photo Jeannot Lévesque)

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Catherine Doré
Le Quotidien

(Chicoutimi) Exit les fritures et les barres de chocolat! Les hôpitaux de la région s'apprêtent à terminer leur virage santé, conformément à la politique alimentaire mise sur pied par le gouvernement Charest.

Ainsi, dès le 31 mars 2013, soit dans à peine plus de deux mois, les établissements de santé devront faire disparaître toute malbouffe de leur cafétéria et même de leurs machines distributrices, le tout dans le but d'offrir des choix plus sains.

Nutritionniste pour la direction de la santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Caroline Benoit soutient qu'il est tout à fait normal que les hôpitaux donnent l'exemple en offrant des choix de nourriture saine.

«C'est comme une pharmacie qui vendrait des cigarettes, image-t-elle. Il y avait des initiatives auparavant, mais rien de concret. Avec le plan, tout le monde a dû emboîter le pas.»

Le Plan d'action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids 2006-2012 - Investir pour l'avenir et le guide Vision de la saine alimentation se veulent des outils pour tous les centres de santé.

«On ne partait pas de zéro. Il y avait déjà des bases dans la région. Il y avait des patients avec des diètes particulières et des nutritionnistes dans chaque hôpital», illustre Mme Benoit.

Gynastique difficile

Changer de menu s'avère une tâche difficile.

«Ça a donné lieu à plusieurs discussions rocambolesques, avoue-t-elle. On s'est rendu compte qu'en remplaçant les croustilles, il devenait difficile pour les parents avec des enfants souffrant d'allergies de bien identifier les aliments contenant des allergènes. Il a fallu les ajouter.»

«C'est bien d'enlever la malbouffe dans les machines distributrices, mais on la remplace par quoi? Au début, l'offre n'était pas très forte, et on se retrouvait presque uniquement avec des bouteilles d'eau!»

Pire: il n'y a pas que le contenu qu'il faut scruter à la loupe, mais aussi sa quantité.

«Le plan recommande des portions se limitant à 384 ml et de privilégier les breuvages à 250 ml et moins. C'est une chose d'enlever les boissons gazeuses, mais il ne fallait pas les remplacer par des jus format géant.»

La chasse au gras et au sel a aussi été une chaude lutte.

«Le sodium était un gros défi. Tout ce qui est commercial, que ce soit les bases pour les soupes ou les bases, ça ne faisait plus. Il a fallu revenir avec des choses faites maison, avec des fines herbes et des épices. Même chose pour les desserts», explique Mme Benoit.

Et ça ne s'arrête pas là: il faut aussi concocter des menus qui s'inscrivent dans le développement durable, en évitant le suremballage et les portions individuelles, en choisissant des produits locaux, en faisant du compost...

«C'est toute une gymnastique! , avoue-t-elle. Il n'y a pas de comité régional, mais les gens s'échangent les bons coups entre eux.»

Acceptation sociale

Mme Benoit admet qu'il reste du travail à faire du côté de la population.

«Les gens n'étaient pas aussi prêts (à sortir la malbouffe) qu'on le croyait. On a vu des réactions, mais avec le temps, les gens l'acceptent», soutient la nutritionniste en riant.

À noter que les milieux d'hébergement, tels les CHSLD, offrent toujours des barres de chocolat et autres dans leurs murs puisqu'ils sont considérés comme des milieux de vie. Les choix ont toutefois été restreints au profit d'aliments santé.

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