Le travail saisonnier en péril

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Les nouvelles règles de l'assurance-emploi risquent de tuer le travail saisonnier, ou à tout le moins rendre le recrutement de plus en plus difficile pour les employeurs.

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(CHICOUTIMI) Les changements à la loi sur l'assurance-emploi risquent de tuer le travail saisonnier ou à tout le monde rendre le recrutement de plus en plus difficile pour les entreprises. Une situation dénoncée par les travailleurs, mais aussi par plusieurs employeurs.

Les syndicalistes du Saguenay-Lac-Saint-Jean confirment malheureusement aujourd'hui que les modifications apportées par le gouvernement conservateur auront des impacts importants chez plusieurs travailleurs de la région, mais qu'ils ne peuvent pas faire grand-chose à court terme pour changer les choses.

Les changements prévoient que les prestataires saisonniers seront contraints d'accepter des emplois à 70 % de leur salaire et pourraient devoir faire jusqu'à une heure de route pour aller travailler, sans quoi ils seront privés de leurs prestations.

Inquiétude

Directeur régional de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Jean-Marc Crevier ajoute que même les employeurs n'apprécient pas ce qui s'en vient.

« Lors de notre tournée l'automne dernier, les gens du Zoo de Saint-Félicien s'inquiétaient de perdre leur main-d'oeuvre qualifiée. Pour y travailler, les gens ont besoin de formation. Sauf qu'ils ne peuvent garantir de l'emploi 12 mois par année à tout le monde.

« Lorsque les travailleurs devront se trouver un autre emploi durant la période tranquille et qu'ils voudront revenir ensuite au zoo, ça va aller. Mais lorsque la période tranquille va se présenter à nouveau, rien ne dit qu'ils pourront retrouver facilement un autre emploi. Ça risque de tuer le travail saisonnier. Les gens veulent travailler à l'année, mais ça prend les emplois en conséquence «, indique M. Crevier.

Pour sa part, Engelbert Cottenoir, président du Conseil central de la CSN au Saguenay-Lac-Saint-Jean, confirme que la mesure cible des milliers de travailleurs dans la région.

« Ces modifications touchent 44 pour cent des prestataires de l'assurance-emploi de la région. Ça nous touche beaucoup. Il suffit de penser aux travailleurs de la forêt, du tourisme, de l'agroalimentaire ou les chargés de cours. Ça ne fait vraiment pas notre affaire.

« Ces changements touchent beaucoup les régions qui misent sur les ressources naturelles. Il y a des inquiétudes chez les travailleurs, mais aussi chez les employeurs, car eux se demandent s'ils pourront encore miser sur la main-d'oeuvre qualifiée ou si elle se sera trouvée un emploi ailleurs «, mentionne Engelbert Cottenoir.

Le syndicaliste sait aussi très bien que le gouvernement de Stephen Harper est majoritaire et qu'il peut faire passer de nombreuses lois à Ottawa.

« C'est vrai, mais il faut savoir qu'un gouvernement n'est pas éternel. Nous n'avons pas le choix de subir pour le moment, mais nous ne baisserons pas les bras. Nous sommes à élaborer une stratégie et nous allons créer nous concerter pour essayer de faire changer les choses «, ajoute M. Cottenoir.

Quant à Jean-Marc Crevier, il lance l'invitation au député de Roberval, Denis Lebel, de venir expliquer les bons côtés de la nouvelle loi.

« Il a déjà dit qu'il était au pouvoir pour défendre les intérêts de ses électeurs. Avec ces changements, il ne représente plus vraiment ses citoyens, dont plusieurs sont des travailleurs saisonniers «, conclut le porte-parole de la FTQ.

Sbegin@lequotidien.com

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