À l'UNESCO, Jean-Pierre Blackburn a appris à developper sa patience

L'art parisien de la diplomatie

Jean-Pierre Blackburn aime bien la vie à Paris,... (Photo Mariane St-Gelais)

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Jean-Pierre Blackburn aime bien la vie à Paris, mais ne cache pas que son chez lui, il est toujours ici à Jonquière.

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(Jonquière) Jean-Pierre Blackburn a appris à développer sa patience. L'ambassadeur du Canada auprès de l'UNESCO à Paris s'aperçoit qu'il faut faire preuve de patience et de diplomatie pour trouver un consensus auprès des 194 autres membres de l'organisation internationale.

Près d'une année après son entrée en poste dans la capitale française, M. Blackburn est revenu dans sa terre natale, Jonquière, pour y passer le temps des Fêtes.

Le Quotidien a discuté avec le représentant canadien à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) lors de son passage à Jonquière. Il a abordé la vie parisienne, le travail à accomplir et les dossiers patrimoniaux d'Arvida et du Fjord du Saguenay.

«J'ai compris et réalisé que la diplomatie ne peut être autre chose que l'art du compromis. On peut avoir une déclaration avec un paragraphe, mais qui va se terminer avec une page étant donné que d'autres pays ne voient pas les choses du même angle et ne partagent pas les mêmes valeurs et au même rythme.

«D'où l'importance d'en arriver à des consensus. Je fais des constats intéressants, mais en même temps, la patience est mise à l'épreuve. À l'UNESCO, ce sont des jours et des jours de réunions. On est à l'écoute de ce qui se dit, des consensus qui se dégagent et on fait rapport au ministre au Canada», explique Jean-Pierre Blackburn.

Après avoir appris la façon de fonctionner de l'organisation internationale, l'ambassadeur canadien retient un fait marquant de cette première année à Paris.

À l'ouverture d'une réunion de l'exécutif (qui dure 15 jours), l'ambassadeur de l'Afghanistan, Mohammad Kacem Fazelly, a retenu l'attention. À la réunion, un ambassadeur a droit à six minutes d'allocution. Une fois le délai passé, une musique s'installe dans la salle et le son monte de plus en plus jusqu'au moment où les gens n'entendent plus la voix de l'ambassadeur.

«Même si le son de la musique a monté, M. Fazelly a poursuivi son allocution lentement, mais avec une voix qui porte. Après un certain temps, la musique s'est arrêtée.»

Et l'ambassadeur a lancé: «vous me devez respect. Dans mon pays, voilà 40 ans que je vis la guerre. J'ai le droit d'être écouté et d'être entendu. Rappelez-vous, les peuples ne pleurent, ni ne rient de la même manière pour les mêmes faits.»

«Et tout le monde s'est mis à réfléchir sur la portée de cette phrase-là. Elle ouvre les yeux sur un autre aspect des peuples qui ont des valeurs et des cultures différentes des nôtres. Et nous avons le devoir de comprendre ça et de le réaliser. Et l'ambassadeur me l'a fait réaliser. Ça demeure le fait marquant de ma première année à l'UNESCO. Il y a des moments extraordinaires qui nous réconcilient avec les longues réunions et le temps qu'il faut pour dégager un consensus», conclut Jean-Pierre Blackburn

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