Québec et les syndicats, des partenaires

Richard Perron, président du SPGQ, rencontrera les membres... (Photo Jeannot Lévesque)

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Richard Perron, président du SPGQ, rencontrera les membres de son syndicat ainsi que le député Jean-Marie Claveau dans le cadre d'une  tournée qui l'entraînera dans toutes les régions du Québec.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

(Chicoutimi) Depuis son élection le 4 septembre dernier, le gouvernement de Pauline Marois s'affiche davantage comme un partenaire des syndicats de la fonction publique soucieux de redonner une expertise à l'État que comme un gouvernement désireux de faucher aveuglément parmi les fonctionnaires.

Président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron a amorcé une tournée des régions, hier, par une visite au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le SPGQ représente 23 000 membres, dont 3800 à l'Agence du revenu du Québec, 3000 autres en santé, en éducation et dans différentes sociétés d'État. Dans la région, son syndicat compte 320 membres.

Mandat

Nouvellement élu à la tête du syndicat, M. Perron s'est donné comme mandat de prendre le pouls de ses membres en régions afin d'intervenir au niveau national. Selon lui, il est faux de prétendre que ce qui se passe en régions n'intéresse pas le national.

«Le message qu'on lance est que plus il y a d'activités économiques dans une région, moins il faut couper dans nos effectifs. Lorsqu'on applique une politique de non-remplacement d'un poste sur deux lors de départs à la retraite, on se ramasse avec des services qui bloquent. Il faut des agents du gouvernement pour bien gérer le bien public plutôt que de recourir constamment au secteur privé et à la sous-traitance.»

Le leader syndical a salué la décision du ministre Sylvain Gaudreault qui, en début de mandat, a annulé la décision du gouvernement libéral d'abolir le service de vérification interne du ministère des Affaires municipales. Celui-ci a pour mandat de vérifier l'octroi des contrats municipaux accordés.

Économies

«En confiant ce service au secteur privé ou à des firmes d'ingénierie, on a évalué que ça coûterait 2 M$ plutôt qu'un million$ annuellement. Nos quatre professionnels qui travaillent à ce service allaient chercher 9 M$ annuellement en élimination d'extras, de coûts supplémentaires, de frais de toutes sortes imposées par les entreprises de construction ou de génie aux municipalités.»

M. Perron ne cache pas que lors de rencontres précédentes, le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, a demandé à ce que les syndicats puissent agir comme partenaires soucieux de faire avancer des projets. C'est le cas avec le projet de loi visant à éliminer la collusion et la corruption. M. Perron affirme avoir travaillé en partenariat avec M. Bédard sur un projet de loi visant à favoriser la protection de ceux qui dénoncent des actions malsaines non seulement dans le secteur public, mais aussi dans le secteur privé.

Régionalisation

Invité à se prononcer sur l'intention du gouvernement de régionaliser et de déconcentrer les emplois du secteur public, M. Perron affirme que sa tournée vise justement à prendre le pouls de ses membres sur le sujet.

«On veut rappeler l'importance d'un développement régional cohérent. Il faut prendre les régions une par une, car aucune n'a les mêmes réalités. L'Outaouais vit un déplacement du personnel oeuvrant en informatique vers l'Ontario puisqu'Ottawa offre des conditions plus avantageuses. Sur la Côte-Nord, on a des gens qui travaillent aux Ressources naturelles et qu'Hydro-Québec recrute.»

Interrogé sur les effets sur la fonction publique des coupes du premier budget Marceau, M. Perron croit qu'avant de critiquer, il est important de déterminer où seront réalisées les réductions, ce que ne permet pas encore le dépôt des crédits budgétaires du 6 décembre dernier.

«Si Québec coupe dans les services à la population, on ne sera pas d'accord. Si ça signifie qu'on coupe dans la sous-traitance au privé, on est d'accord», lance M. Perron, rappelant que l'ex-ministre Michelle Courchesne avait déterminé que certains travaux d'entretien des routes au ministère des Transports coûteraient 120 M$ en faisant appel au privé. Elle a décidé de faire réaliser les travaux à l'interne, ce qui a permis une économie de 60 M$. Il est faux de prétendre, selon M. Perron, que la fonction publique coûte toujours plus cher. «Quand on gère l'argent du public, le but n'est pas de faire réaliser au secteur privé d'énormes profits.»

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