Une peine exceptionnellement clémente

Le chauffard aide la victime paralysée

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Me Francis Boucher

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(Roberval) À la demande de la victime paralysée des jambes et des mains pour la vie, le chauffard ivre responsable de son état a été condamné à une peine de 90 jours de prison à être purgée de manière discontinue et 240 heures de travaux communautaires.

Depuis l'accident survenu le 5 août 2010, le chauffard David Deschênes est la personne qui aide le plus la victime dans sa vie quotidienne, a reconnu le juge Richard Daoust de la Cour du Québec qui a acquiescé à la demande de la victime.

La poursuite réclamait une peine d'incarcération de 18 à 20 mois située dans la norme.

«C'est la victime qui suggère la clémence pour permettre à l'accusé de continuer de lui offrir l'aide dont il a besoin», précise le juge qui l'a entendue.

Le soir de l'accident, David Deschênes avait 20 ans et a passé une partie de son temps dans un bar avec son ami. Il a consommé de l'alcool et de la marijuana, puis conduit son véhicule dans lequel son ami a pris place. Un accident. Un taux de 130 milligrammes d'alcool par cent millilitres de sang. Deschênes ne se souvient de rien d'autre.

L'ami handicapé s'est rendu au Palais de justice de Roberval pour témoigner de sa condition depuis deux ans: «Je dirais que depuis l'accident, la personne qui m'a aidé le plus, c'est David. N'importe quel matin où j'avais besoin, qu'il travaille, qu'il ne travaille pas, il venait m'aider à me lever, le soir c'est la même chose. Je ne peux pas dire combien de fois quand il n'y avait personne qui couchait à la maison, pis David insistait pour rester coucher même si je lui disais que je n'avais pas besoin, rien à faire, David est toujours là.

«Je ne sais même pas qu'est-ce que je ferais sans David pour m'aider. Tout ce que je pourrais demander (au tribunal), c'est de donner le minimum à David. Je pense qu'il paye tous les jours... je le vois, il me regarde et ça paraît tout de suite. Je ne sais pas comment, de quelle manière, vous pourriez le faire payer plus que ça.»

Le juge Daoust explique dans ses motifs que la sentence demandée par la poursuite est justifiée par la dénonciation souhaitée par le public, mais que ce public, bien informé de toutes les circonstances, «sachant qu'il s'agit d'un cas d'espèce et non d'une jurisprudence, ne désapprouvera pas une peine qui n'ajoutera pas au fardeau déjà incommensurable qu'a à subir la victime».

Il a appuyé son raisonnement sur trois étapes: la réhabilitation de l'accusé, le pardon de la victime et l'apport par l'accusé d'une aide précieuse à la victime.

À son avis, les trois critères sont respectés depuis deux ans.

Plus de détails dans la version papier du Quotidien//

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