Roméo Gagnon, lui, a pris part à la guerre de Corée entre 1950 et 1953. Membre de l'infanterie du 22e Régiment, M. Gagnon s'y est rendu à l'âge de 21 ans. Pas de façon obligatoire, mais bien d'une manière volontaire.
«Même si on nous dit que nous avons fait partie de la guerre oubliée, moi je m'en souviens. La guerre de Corée, c'était après les deux grandes guerres et avant les autres guerres. On était oublié. Mais j'y suis allé. J'étais au front. Et ça brassait. Nous étions là pour faire la guerre, pas pour se faire ami avec les ennemis», raconte M. Gagnon, qui est demeuré debout tout au long de la cérémonie en tenant le drapeau des vétérans de cette guerre.
Cet ancien militaire a été obligé de tuer les hommes qui étaient face à lui. Pour sauver sa peau et celle de ses compagnons d'armes. Mais aussi pour assurer la liberté des Canadiens.
«On a fait la guerre. On était au front et il fallait tirer. Mais on le faisait uniquement lorsque nous avions la permission de le faire. Lorsque je devais le faire, je me disais que j'étais à la chasse et que je devais tuer l'orignal qui passait devant moi. Je n'étais pas un soldat, mais un chasseur», dit-il.
Hier matin, Roméo Gagnon avait revêtu ses habits de militaire et il portait fièrement la médaille qu'il a reçue pour ses services en Corée. Pas juste une médaille pour lui rappeler qu'il avait servi dans l'armée canadienne.
«Cette médaille-là, il fallait l'avoir mérité. Ça veut dire que l'on avait fait quelque chose que d'autres n'ont pas fait et qui s'avérait important et primordial.
«C'est arrivé lorsque nous avancions au front. L'ennemi m'a tiré dessus, mais il m'a manqué. J'ai répliqué et cela a permis à mes compagnons de se disperser et de se repositionner. Nous avons tué plusieurs de nos ennemis. Et personne parmi notre régiment n'a été blessé dans cette attaque, sauf un brancardier qui a reçu une balle en voulant aller chercher un homme. C'est tout», se remémore M. Gagnon, qui utilisait un fusil de calibre .303 avec un chargeur de 10 balles.
Aujourd'hui, Roméo Gagnon veut que les gens se souviennent de la guerre de Corée, comme de toutes les autres guerres.
«Ma guerre, c'était à l'époque de la guerre froide. Ça brassait un peu partout et il était préférable que nous allions faire la guerre là-bas que de les voir débarquer chez nous», de conclure M. Gagnon.