Une fugue par jour dans la région

En 2011, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 324 adolescents ont quitté leur domicile.... (Photo Rocket Lavoie)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

(Chicoutimi) En 2011, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 324 adolescents ont quitté leur domicile. Au Québec, ce sont pas moins de 5000 fugueurs par année qui plient bagage. C'est donc dire qu'une fugue a lieu presque chaque jour sur le territoire régional. Un phénomène bien réel, trop souvent banalisé, estime l'organisme provincial Enfant-Retour Québec.

Seulement à Saguenay, 164 signalements ont été faits en 2011. Sur le territoire de la Sûreté du Québec, les policiers ont reçu 160 appels.

En marge du mois de novembre, soit celui de la prévention des fugues, Enfant-Retour Québec tient à sensibiliser la population sur cette réalité qui touche plusieurs familles. La fugue représente le motif de disparition le plus fréquent chez les adolescents québécois.

Bien que le nombre de signalements de fugue soit en baisse dans les autres provinces canadiennes depuis quelques années, il demeure constant au Québec. Et le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'échappe pas à cette réalité.

En 2011, les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) ont dû intervenir sur 164 cas. Cette année, 107 fugues avaient déjà été signalées en date du 31 octobre 2012.

«Le portrait ressemblera certainement à celui de l'an dernier. Les dossiers de fugues sont toujours très fréquents, année après année. Plusieurs de nos enquêteurs travaillent sur ces dossiers», a indiqué le porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay, Bruno Cormier.

Trois catégories de fugueurs

Les policiers répartissent les cas de fugues en trois catégories. Au total, 164 jeunes ont quitté leur propre domicile en 2011, 71 autres ont quitté leur famille d'accueil, tandis que 89 mineurs ont fui le centre jeunesse où il se trouvait, soit le Centre Saint-Georges de Chicoutimi ou Lachenaie de Roberval.

D'ailleurs, les policiers sont souvent appelés à intervenir dans les centres jeunesse pour des cas de fugues. «Par exemple, au Centre Saint-Georges, les jeunes peuvent sortir à l'extérieur avec un intervenant. S'ils décident de partir à la course, il n'y a pas de barrière qui va les empêcher», note Bruno Cormier.

À Roberval, les policiers reçoivent également beaucoup d'appels en ce qui concerne les jeunes qui séjournent à Lachenaie, indique la porte-parole de la Sûreté du Québec, Hélène Nepton.

Tous les jeunes qui ont fugué au cours de l'année ont été retrouvés sains et saufs. «Dans la majorité des cas, nous retrouvons les fugueurs dans la région et de rares fois à l'extérieur. Soit ils reviennent par eux-mêmes, soit ils sont dénoncés par des proches. À quelques reprises, nous avons dû demander l'aide des médias et de la population», note l'agent Cormier.

Un phénomène banalisé

Chez Enfant-Retour Québec, on s'inquiète surtout de la banalisation du phénomène.

«Considérant le nombre, la fréquence et le profil des jeunes impliqués, la tendance est malheureusement à la banalisation de ce type de disparition. Pourtant, dès qu'ils quittent la maison, les jeunes fugueurs sont vulnérables. Comme ils doivent subvenir à leurs besoins, ils représentent des cibles de choix pour les prédateurs qui leur offrent un toit, de la nourriture ou des vêtements. Une fois le lien de confiance établi, ils peuvent ensuite les entraîner facilement dans des activités criminelles tels la prostitution, le vol ou la vente de drogue», a souligné Pina Arcamone, directrice générale d'Enfant-Retour Québec.

Surtout les filles

Selon Enfant-Retour Québec, les filles fuguent davantage que les garçons. Un total de 76 % des cas rapportés concernent de jeunes femmes. À Saguenay, Bruno Cormier ne peut confirmer cette donnée.

L'équipe d'Enfant-Retour Québec répond annuellement à plus de 1600 appels de prévention. Parmi ces appels, 12 % proviennent de parents qui craignent que leur enfant fugue ou qui ont des questions sur l'attitude à adopter avec leur enfant à la suite de son retour à la maison après une fugue. L'organisme propose également une gamme de publications à l'intention des parents, sur son site internet, au www.enfant-retourquebec.ca.

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