Violente explosion chez Neptune Technologies et Bioressources

Une vision d'enfer

«Les pompiers ont dû faire les recherches dans... (Photo La Tribune)

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«Les pompiers ont dû faire les recherches dans un immeuble instable. Des murs complets se sont affaisés et d'autres ont été déplacés par le souffle de l'explosion», a expliqué le directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke, Gaétan Drouin.

Photo La Tribune

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(SHERBROOKE) Vision apocalyptique, hier, après une violente explosion chez Neptune Technologies et Bioressources (NTB), dans le parc industriel de Sherbrooke, qui a fait deux morts et dix-neuf blessés. Un réservoir de 15 000 litres d'acétone, une substance hautement inflammable servant à la fabrication de l'huile de krill à l'entreprise de la rue Pépin, a explosé.

Deux employés morts lors de l'explosion ont été sortis des décombres plusieurs dizaines de minutes après le début de l'intervention des pompiers. Quatre personnes gravement touchées par le souffle de la déflagration ont été conduites au centre des grands brûlés de Montréal. Les autorités craignent pour leur vie, dont un qui se trouve dans un état critique.

Deux autres blessés sont soignés au CHUS pour d'importantes blessures.

«Nous avons retrouvé une employée environ une heure trente après le début de l'incendie dans le secteur administratif. À première vue, elle paraissait ne pas avoir été blessée», explique le directeur du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke, Gaétan Drouin.

Plusieurs employés qui se trouvaient à l'intérieur du bâtiment ont été brûlés alors que des travailleurs de la construction qui oeuvraient à l'agrandissement des locaux ont été projetés en bas des échafauds.

«L'électricité statique peut à elle seule faire exploser les vapeurs d'acétone lorsqu'elles se trouvent dans leur plage d'inflammabilité. Est-ce qu'il y a eu une fuite? Est-ce qu'il y a eu une défectuosité? Les causes doivent être déterminées lors de l'enquête», explique Gaétan Drouin.

Un employé de NTB, Jacques Roy, venait juste d'évacuer l'édifice lorsque la déflagration est survenue.

«J'ai senti l'acétone lorsque j'évacuais le bâtiment. Plusieurs personnes évacuaient en même temps que moi. J'ai entendu l'explosion deux ou trois minutes après être sorti», raconte Jacques Roy.

Premiers témoins

Les premières personnes arrivées sur les lieux pour secourir les victimes ont été témoins de scènes des pires scénarios catastrophes.

Richard est un travailleur de la construction qui s'affairait sur le projet d'agrandissement de 20 millions$ de l'entreprise. «Tout a revolé partout. C'est comme si un missile avait frappé le bâtiment. Nous avons entendu une vibration, puis tout a sauté», explique-t-il.

Éric Goulet et Nicolas Karadimos, de Signalisation de l'Estrie, sont arrivés sur les lieux à peine quelques minutes après la déflagration. «Plusieurs personnes ensanglantées au visage quittaient les lieux. Certains avaient les cheveux brûlés et deux ou trois autres étaient déjà sur des civières. C'était une vision d'enfer», soutient M. Goulet.

«Un employé semblait être brûlé aux yeux. C'était assez irréel», ajoute Nicolas Karadimos.

Des débris ont été retrouvés à plusieurs centaines de mètres du lieu de l'explosion survenue vers 13h25.

Le Service de protection des incendies de Sherbrooke a rapidement déployé deux, trois, puis quatre alarmes et mobilisé une cinquantaine de pompiers sur les lieux pour maîtriser cet incendie d'une rare ampleur. L'épaisse colonne de fumée noire a forcé l'évacuation de plusieurs entreprises du parc industriel de Sherbrooke.

«La colonne de fumée était visible à des kilomètres à la ronde. Nous avons reçu une quantité d'appels record au 9-1-1. Les pompiers ont dû faire les recherches dans un immeuble instable. Des murs complets se sont affaissés et d'autres ont été déplacés par le souffle de l'explosion. Nous avons dû protéger des réservoirs d'acétone et d'azote qui présentaient aussi d'importants risques», explique Gaétan Drouin.

Les pompiers ont travaillé jusqu'à la nuit pour terminer l'extinction du brasier. À plusieurs reprises au cours de l'intervention, des déflagrations se sont fait entendre.

«Nos pompiers ont travaillé d'arrache-pied pour tenter de retrouver les personnes à l'intérieur, puis pour éteindre les flammes. Ils ont fait un travail colossal. Il y avait plusieurs priorités à gérer en même temps», estime Gaétan Drouin.

L'enquête des pompiers, des policiers et de la CSST permettra de faire la lumière sur l'une des pires catastrophes à être survenue à Sherbrooke.

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