Alors que certains villages bénéficient d'un dégrillage (qui vise à retenir les matières solides) pour traiter une première fois leurs égouts sanitaires, d'autres renvoient sans traitement leurs eaux usées dans le plan d'eau.
C'est d'ailleurs le cas à Sainte-Rose-du-Nord où les eaux usées de plusieurs dizaines de résidences sont déversées dans le fjord. Une situation qui répugne plusieurs citoyens rencontrés dans la municipalité reconnue pour ses paysages bucoliques et son attrait touristique.
«Quand j'étais petite, je me baignais près du quai. Mais depuis que je sais que nos égouts vont là, je n'y vais plus. On pouvait voir d'ailleurs que l'eau était souillée sur notre peau», témoigne une jeune femme, qui ne comprends toujours pas pourquoi rien n'a changé depuis tout ce temps.
Cette dernière a pu indiquer l'endroit exact où sont rejetées les eaux usées, et ce, tout près de la petite plage et du quai municipal.
Depuis des années, les élus de l'endroit tentent de trouver des solutions pour se conformer aux normes environnementales. Avec une population de quelques centaines de personnes, difficile de se payer un nouveau système d'assainissements des eaux, dont le coût se chiffre dans les millions de dollars. La géographie du milieu rend également la tâche plus complexe, pointe le maire Laurent Thibeault.
«Nous voulions écarter les étangs aérés, car il y aurait sans doute des répercussions de senteur étant donné la forme d'entonnoir qu'a notre village. Il peut y avoir d'autres technologies, mais on ne peut pas se payer un système à cinq millions$, et ce, pour 75 maisons. Il y a aussi tout l'entretien du réseau. Je ne peux pas ajouter de nouvelles taxes aux citoyens. Ils ont déjà payé le système d'eau potable, ce qui leur coûte 400 $ par année de plus», indique le maire de Sainte-Rose-du-Nord.
Ce dernier a d'ailleurs mis fin aux démarches en vue de dénicher une solution pour traiter efficacement les eaux usées.
«On peut me le reprocher. Mais nous ne sommes plus capables d'assumer. Les firmes d'ingénieurs nous facturent lorsqu'on demande de travailler sur le projet et c'est normal. Nous ne sommes pas une grosse ville avec des consultants, des avocats et des spécialistes», insiste M. Thibeault.
«On se sent abandonné à nous-mêmes. Que le gouvernement nous accompagne dans le dossier serait d'une grande aide.»
Ministère de l'Environnement
Plus d'une dizaine de municipalités au Saguenay-Lac-Saint-Jean ne possèdent pas de système de traitement des eaux usées conformes. Porte-parole régionale du ministre de l'Environnement, Raymonde Harvey confirme ce chiffre.
Jointe vendredi, elle n'avait cependant pas en mains tous les détails concernant ces cas, dont Sainte-Rose-du-Nord fait partie.
Mme Harvey indique toutefois que les municipalités qui ne répondent pas aux exigences de la loi doivent poursuivre leurs démarches en vue d'y parvenir.
«Le ministère incite les municipalités à se conformer et à présenter des demandes. Si jamais elles ne se rendent pas conformes, aucun développement impliquant une prolongation du réseau ou un ajout d'une résidence au réseau ne sera autorisé. Les nouvelles résidences devront avoir leur propre réseau privé», précise la porte-parole régionale.