Réductions à prévoir

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La porte-parole de Rio Tinto Alcan, Claudine Gagnon, confirme un programme de révision du personnel-cadre, mais refuse de chiffrer le nombre de personnes qui seront mises à la retraite ou devront quitter l'entreprise.

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Louis Tremblay
Le Quotidien

(Chicoutimi) La situation économique mondiale qui plombe l'industrie des métaux force Rio Tinto Alcan à mettre en branle un vaste programme de révision de ses opérations qui se traduira par la mise à la retraite, ou dans certains cas, de mises à pied au sein de son personnel-cadre dans ses installations du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Depuis quelques jours, des informations circulent à l'effet que la société voulait réduire de 20% le nombre de ses cadres dans les différents services. Hier, la porte-parole de l'entreprise, Claudine Gagnon, a confirmé le vaste programme de révision, mais a refusé de chiffrer le nombre de personnes qui seront mises à la retraite ou devront quitter l'entreprise

«Pour le moment, nous devons revoir nos façons de faire afin de nous positionner pour l'avenir», a insisté la porte-parole. La semaine dernière, la société a présenté à ses cadres les paramètres économiques qui influencent le marché mondial de l'aluminium. La présentation du consultant spécialisé dans le marché de l'aluminium Carmine Nappi ne laissait aucune place à interprétation.

Le lancement du programme n'est pas étranger à une note de service adressée à tous les employés de la société et signée par le président, Tom Albanese et qui faisait état de la nécessité de réduire les coûts de production. L'entreprise, spécialisée dans les métaux (fer, cuivre, aluminium), voyait poindre à l'horizon la chute des prix qui se confirme depuis quelques semaines.

Plus spécifiquement, la révision des façons de faire projetée dans les installations de la région pourrait s'échelonner sur une période de 18 mois. Les fonctions de support aux usines seront analysées et il n'est pas question pour la société de tourner les coins ronds.

«On ne veut pas identifier les fonctions en question pour éviter de créer de l'inquiétude. Les fonctions de soutien en général sont les fonctions qui ne sont pas rattachées directement à la production. Chaque cas est spécifique et pour certains, il y aura la possibilité d'une retraite et il n'est pas exclu qu'il y ait des mises à pied», reprend Claudine Gagnon.

Les décisions qui découleront de cette opération devraient permettre à la société de réaliser des économies récurrentes et ainsi diminuer les coûts de production dont la courbe ne cesse de croître alors que celle du prix de vente stagne dangereusement sous les 2000$ la tonne.

La société, suivant les propos de sa porte-parole, ne dévoilera pas ses objectifs. L'opération se déroulera au cours des 18 prochains mois. Si les rumeurs de 20% sont près de la réalité, ce sont un peu plus d'une centaine de cadres qui pourraient être mis à la retraite ou à pied dans les installations de la région à court terme. Il est important de préciser qu'il s'agit d'une approximation qui n'a pas été confirmée par l'entreprise.

Lorsque le prix du métal atteint le plancher de 1350$ la tonne, la multinationale a utilisé les clauses de situation de marché difficile faisant partie des ententes confidentielles avec le gouvernement du Québec pour diminuer la production d'alumine à l'usine Vaudreuil et fermer la production d'aluminium à son usine de Beauharnois. Pour le moment, la multinationale n'a fait état d'aucun projet de cette nature.

Syndiqués

L'opération confirmée par Rio Tinto Alcan n'affectera pas les travailleurs syndiqués selon Claudine Gagnon. Elle a nié une autre rumeur qui faisait état d'un programme de mise à la retraite offert aux employés syndiqués.

Selon les informations obtenues par Le Quotidien auprès des travailleurs, l'entreprise utilise l'expérience vécue pendant le lock-out à l'usine d'Alma pour évaluer ses façons de faire dans ses autres unités de production. La démarche pourrait permettre d'en arriver à une diminution des effectifs syndiqués par attrition à moyen terme.

Pour l'usine d'Alma, on parle de 70 à 80 postes de travail en trop (3,4 travailleurs aujourd'hui pour faire le travail dans un centre de coulée au lieu de cinq travailleurs avant le lock-out). Ces éléments n'ont évidemment pas été confirmés par Rio Tinto Alcan mais sont connus des dirigeants syndicaux.

Les différents appels logés hier à des officiers syndicaux ont permis de constater qu'il y avait en ce moment beaucoup d'appréhension. À Jonquière, on fait état des interrogations sur la mise en chantier de la première phase de l'usine de remplacement qui doit être construite après la mise sous tension de 38 cuves du Centre technologique AP60.

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