Le président et actionnaire majoritaire de la compagnie, Simon-Pierre Murdock, ne cache pas sa satisfaction. Il ne s'attendait pas à une aussi bonne récolte en raison du manque de pluie.
«J'avais fixé la récolte à une demie ou une tonne seulement. Il faut dire que j'ai travaillé beaucoup à acheter des champignons frais aux cueilleurs, alors que j'axais beaucoup plus auparavant sur les champignons séchés. Pourtant, le champignon frais n'était pas mon cheval de bataille en début d'année, mais je me suis tourné de bord rapidement et j'ai pris la décision d'ouvrir quatre postes d'achat à Normandin, Chicoutimi, Matane et Forestville.
«Je voulais une plus grande diversité. Avec neuf variétés de champignons, il est plus facile d'approvisionner les restaurants, mais aussi les grands distributeurs québécois, surtout que ceux-ci misent sur la qualité et la quantité», mentionne M. Murdock, lors d'un entretien avec Le Quotidien.
Si la récolte a été aussi bonne, c'est que Simon-Pierre Murdock voit à bien traiter les cueilleurs. Il offre environ 30 pour cent plus d'argent que ses compétiteurs de la province.
«Et le mot se passe rapidement. Les cueilleurs vont faire leur tour dans les postes d'achat et vérifient les prix offerts. Et lorsque c'est intéressant, ils n'hésitent pas. Ça les incite à retourner cueillir en forêt», dit-il.
Même si la compétition est forte au Québec (une dizaine de producteurs) et aussi en provenance de l'Ouest canadien, le président de Morille Québec ne s'inquiète pas.
La récolte de 2012 ne restera pas dans les congélateurs. La production est écoulée assez rapidement sur le territoire provincial, car les champignons sont de plus en plus prisés sur les tables des restaurateurs québécois. La demande est plus forte que l'offre.
«Des producteurs se promènent de restaurant en restaurant pour offrir leurs produits. J'en fais aussi en partie, mais j'ai plutôt décidé d'aller m'asseoir avec les gros distributeurs. Je leur ai expliqué ma situation de petite entreprise, mais en leur disant que je pouvais répondre à la demande. Cela m'a permis de développer ma marque et d'obtenir une bonne notoriété», ajoute M. Murdock.
Aujourd'hui, Morille Québec vend une grande partie de ses morilles, de ses chanterelles en tube, mais aussi ses champignons homards aux distributeurs Colabor, GFS et Hector Larrivée.
«L'année 2012 a été plus difficile pour la morille, mais cela nous a permis de découvrir le champignon homard. Il a un goût de crustacé et il pousse en grande quantité dans la région. Il semble très apprécié», dit-il.
Morille Québec a été fondée en 2008 et son président n'est âgé que de 26 ans. Il est actionnaire majoritaire et mise sur la collaboration de Daniel Giguère, de la Voie Maltée, à titre d'actionnaire minoritaire.
«Certaines personnes me suggèrent de me rapprocher de Montréal pour diminuer les coûts. Mais il n'en est pas question. J'ai à coeur le développement économique de ma région et j'entends rester dans la région», de conclure Simon-Pierre Murdock.
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