La Cour suprême et l'état second de Cathie Gauthier

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Cathie Gauthier

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(CHICOUTIMI) La demande de Cathie Gauthier de casser les trois verdicts de meurtre au premier degré de ses enfants Joëlle 12 ans, Marc-Ange 7 ans et Louis-Philippe 4 ans est prête à être entendue par la Cour suprême du Canada le 11 décembre prochain.

Mercredi, la Couronne a transmis par écrit ses arguments en faveur des trois verdicts rendus par jury le 24 octobre 2009 et maintenus par la Cour d'appel du Québec le 6 juillet 2011.

La défense fonde son principal argument sur la décision du président du procès, le juge Jean-Claude Beaulieu de la Cour supérieure, de lui interdire de plaider devant jury que Cathie Gauthier a renoncé à son pacte de triple meurtre et de suicide au cours de l'après-midi précédent le drame.

Au cours d'une conférence préplaidoirie, le juge a refusé cette «défense d'abandon» à partir du moment où l'accusée n'admettait pas qu'elle avait participé initialement au projet. Si elle n'avait pas fait de projet, elle n'a pu l'abandonner, a raisonné le juge.

L'avocat de la défense au procès devant jury, Me Dominic Bouchard, a été limité à ses autres défenses d'amnésie et d'absence d'intention de causer la mort.

Le nouvel avocat de Cathie-Gauthier, Me René Duval, croit que les verdicts auraient pu être différents si le jury avait pu entendre la théorie de l'abandon du projet.

Choc

Pendant son témoignage au procès, Cathie Gauthier avait reconnu que le pacte avait été rédigé de sa main, mais qu'elle était dans un état second qui l'empêchait de comprendre et de saisir ce que lui dictait son conjoint qu'elle a tenu seul responsable du drame. Cet état second aurait été provoqué par le choc de la nouvelle du projet, ce qui aurait eu pour effet de séparer son esprit de son corps. Ainsi, son esprit aurait survolé la pièce et elle aurait vu son conjoint lui dicter des lettres dont elle ignorait le contenu. Elle n'en aurait pris connaissance que quand son conjoint s'est absenté pour mettre à la poste toutes les lettres dans lesquelles elle expliquait les motifs du triple meurtre et de leur suicide aux familles et amis, incluant son ancien employeur. Au retour de son conjoint, Cathie Gauthier aurait été convaincue par le regard de son conjoint qu'il ne mettrait pas ce plan à exécution, si bien qu'elle ne s'est doutée de rien.

Ontario

Par ailleurs, le Procureur général de l'Ontario a demandé à la Cour suprême la permission d'intervenir sur les points soulevés par la défense. Il devra présenter son mémoire d'ici le 18 octobre. Quant à sa demande de présenter oralement ses arguments, la Cour suprême attendra à ce sujet les commentaires des avocats de la défense et de la Couronne du Québec avant de se prononcer.

Cathie Gauthier purge une sentence globale d'incarcération à perpétuité sans possibilité de libération avant 25 ans.

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