Alain Paul, président du groupe ADL, a décidé d'investir à nouveau dans cette compagnie, car il croit au potentiel des granules. « Nous étions propriétaires à 50 % de l'entreprise. Comme nous pensons que ce type de chauffage va progresser énormément dans le futur, nous avons fait une offre à nos partenaires. Ils ont accepté », a indiqué Alain Paul.
Il s'agit d'une industrie encore jeune et l'injection de capitaux est importante pour soutenir la croissance. « 2010 a été une année difficile avec une production de seulement 40 000 tonnes alors que nous avions connu des années de près de 80 000 tonnes. Plein de facteurs ont expliqué ce ralentissement, notamment la hausse de la devise canadienne, un hiver moins froid et une baisse du prix du pétrole », explique le président, qui souhaite investir davantage dans la mise en marché des produits.
Comme la vente pour les résidences progresse lentement, Alain Paul mise beaucoup sur la vente de granules pour des bâtisses commerciales et industrielles. « Il faut développer ce type de chauffage qui est moins cher et écologique, mais ça passe par la livraison des granules. Il faut amener les entreprises à changer leur système de chauffage pour ne plus être dépendantes du pétrole. De plus, c'est une source d'énergie locale comparativement au pétrole », fait-il valoir
À titre d'exemple, un consommateur résidentiel utilise de 2 à 3 tonnes de granules par année tandis qu'une entreprise en consomme entre 200 et 300 tonnes.
Un modèle d'affaires est en train de se développer avec la Coopérative forestière de Girardville. Un principe clé en main. La filiale CFG énergie installe des chaudières, assure l'entretien et l'approvisionnement en granules. La compagnie facture à l'entreprise l'énergie utilisée. « Nous sommes déjà le fournisseur pour les systèmes qu'ils ont installés dans des entreprises et à la commission scolaire. C'est une filière à laquelle nous croyons beaucoup. La livraison de la granule va pouvoir structurer le secteur résidentiel par la suite », estime-t-il.
Alain Paul donne l'exemple de l'usine Fibrek de Saint-Félicien, nouvellement acquise par Produits forestiers Résolu (PFR). « Nous avons regardé pour changer l'utilisation de la liqueur noire pour des granules. Cette conversion permettait des économies de 50 %, ce qui représente des millions de dollars. On espère que le nouveau propriétaire va investir pour faire ce changement », souhaite-t-il.
200 000 tonnes par an
L'administration de Granules LG sera intégrée à celle du Groupe ADL. Les deux usines de Saint-Félicien et de Mashteuiatsh, d'une capacité de 100 000 tonnes, fonctionnent à environ 50 %. On espère accroître la production, ce qui pourrait faire passer le nombre d'employés de 45 à 70.
Comme la compagnie s'approvisionne de planures presqu'exclusivement auprès de PFR, Alain Paul ne s'inquiète pas de la réduction de la possibilité forestière. « Nous avons d'autres sources d'approvisionnement. Nous pouvons transformer le bois brûlé, des résidus ou du bois déclassé », a-t-il affirmé.