La séance mensuelle a attiré un nombre inhabituel de citoyens. Ils étaient sur place pour dénoncer les récents propos, qualifiés de xénophobes, du maire Jean Tremblay à l'endroit de la candidate péquiste dans Trois-Rivières, Djemila Benhabib. En résumé, le maire a laissé voir que ce n'était pas à une personne de l'Algérie de venir dicter la façon de faire des Québécois avec les symboles religieux.
Après avoir écouté les citoyens durant une quinzaine de minutes, les élus ont démontré plus d'impatience lorsque Cécilia Ruiz y est allée d'une remarque blessante à leur endroit.
«Je suis originaire du Chili et mes parents se sont réfugiés ici il y a 35 ans pour fuir la dictature. Nous voulions avoir la paix en nous établissant au Canada. Mais avec Jean Tremblay, nous n'avons pas le droit de parole et vous n'êtes que des petits chiens de poche», a-t-elle lancé au visage des conseillers municipaux.
Il n'en fallait pas plus pour que Jacques Fortin demande la levée de l'assemblée. Décision qui a été prise sous les huées des contribuables. À sa sortie, M. Fortin et la conseillère Marina Larouche ont été interpellés. Ils ont pris quelques minutes pour discuter avec les gens, mais devant l'impossibilité d'en venir à une entente, ils ont regagné le bureau de la mairie.
«J'étais prêt à poursuivre la discussion et à entendre les questions des gens. Mais lorsque les choses se dégradent ou qu'une personne insulte les élus, ça ne peut plus continuer», a expliqué Jacques Fortin.
Position
Instigateur du mouvement de contestation, Jonathan Skeene-Parent s'est présenté à la période des questions en y allant d'une diatribe à l'endroit du maire Tremblay. Il s'est souvenu de sa première présence à l'hôtel de ville alors qu'il était étudiant et que le maire de l'époque lui avait expliqué qu'il était le porte-parole des citoyens.
«J'avais même demandé un autographe. Mais vous comprendrez que mon enthousiasme et ma naïveté de l'époque en ont pris un coup dans les dernières années. Mais ces aspects se sont fait massacrer depuis la semaine dernière. Je me suis réjoui de voir que le maire n'avait pas l'intention de se mêler de la campagne électorale. Mais dès le lendemain, il a pris part à la campagne de manière inacceptable et honteuse», a dénoncé le porte-parole des citoyens.
À partir de là, le président Fortin a laissé voir qu'il s'agissait d'une période de questions et qu'il devait en poser une. M. Skeene-Parent lui a répliqué que la question viendrait. Le contribuable a repris la parole, mais s'est fait rappeler à l'ordre à quelques reprises par les élus afin qu'il puisse aboutir.
«Je demande aux élus s'ils sont prêts à dénoncer et à se dissocier des propos du maire. La question est simple», a-t-il demandé.
Jacques Fortin a commencé par expliquer que les membres du conseil municipal avaient déjà pris position sur le dossier de la laïcité par résolution.
«Nous avons gardé les symboles religieux à l'hôtel de ville et nous n'avons pas changé d'idée.»
Pressé de répondre directement à la question, Jacques Fortin a laissé tomber: «Nous appuyons le maire».