Une désagréable surprise

L'ancien promoteur du projet CRAIE, Jean-Yves Gagnon, n'en... (Photo Michel Tremblay)

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L'ancien promoteur du projet CRAIE, Jean-Yves Gagnon, n'en veut pas aux responsables du Centre multiservices de Shipshaw et à l'architecte Alain Voyer d'avoir récupérés les plans du CRAIE, mais aurait au moins aimé être informé de la situation.

Photo Michel Tremblay

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Myriam Gauthier
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) L'ancien promoteur du Complexe régional d'activités d'interprétation en environnement (CRAIE) du marais de Shipshaw, Jean-Guy Gagnon, a eu une désagréable surprise en voyant que les plans de son projet ont été récupérés par l'organisation du Centre multiservice de Shipshaw.

La photo numérisée du futur Centre multiservice de Shipshaw présentée en grande pompe lors de l'annonce officielle de la réalisation du projet à la fin du mois de juillet est en fait la même que celle qui avait été présentée en 2006 pour mettre une image sur le projet CRAIE. Seul le nom apparaissant sur le bâtiment a été changé sur la représentation graphique appartenant à l'architecte Alain Voyer.

Lors des premiers balbutiements du CRAIE, en 2006, M. Voyer avait dessiné bénévolement les plans du centre. Les esquisses extérieures et intérieures avaient été élaborées avec soin. Chacune des pièces avait une vocation particulière. Le projet allait bon train, à ce moment, et les activités qui devaient animer le centre étaient même détaillées à l'intérieur de plusieurs volumes de documents.

Peu après, le comité qui travaillait sur le projet évalué à 1,6 M$ s'est retrouvé bloqué devant un changement de zonage du secteur du marais de Shipshaw. L'endroit, aussi connu comme étant le Marais-Est, est situé à la jonction près de la route 172 et de la route Harvey, en face de l'ancien village de Saint-Jean-Vianney. Le promoteur du projet, Jean-Yves Gagnon, à l'époque représentant régional de la Fédération québécoise de la faune, combattait à ce moment un cancer et a décidé, dans l'incertitude, de tout laisser tomber.

Le projet de complexe pédagogique dédié à l'interprétation de la nature a été depuis relégué aux oubliettes. «Je n'en veux pas aux gens du Centre multiservice de Shipshaw, ni à Alain Voyer d'avoir récupéré les plans du CRAIE, mais j'ai eu un choc en voyant la bâtisse dans le journal», raconte celui qui rêve malgré tout voir le projet se réaliser un jour.

«Les plans appartiennent à M. Voyer et c'est bien qu'il puisse rentabiliser un travail qu'il a fait bénévolement, ajoute M. Gagnon. Mais on a tellement mis de temps dans le CRAIE... J'aurais au moins aimé qu'on m'appelle pour me dire que les plans allaient servir à autre chose.»

L'ancien promoteur estime que la documentation amassée par le comité du projet CRAIE aurait aussi pu servir au Centre multiservice de Shipshaw pour élaborer le centre d'interprétation sur le glissement de terrain de Saint-Jean-Vianney du 4 mai 1971. «Une pièce du pavillon du CRAIE était consacrée au rappel du drame de Saint-Jean-Vianney, indique-t-il. Nous voulions déjà introduire un volet d'interprétation dans le centre et on avait ramassé certains documents d'archives.»

1000 heures de bénévolat

Jean-Yves Gagnon dit avoir consacré plus de 1000 heures de bénévolat à la réalisation du projet. Son travail était soutenu par tout un comité et par une collaboratrice, Pauline Tremblay, qui s'occupait de plusieurs tâches administratives. L'Association des sauvaginiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean participait aussi au projet de mise en valeur du Marais-Est qui est bien connu des chasseurs. Le milieu humide a d'ailleurs été aménagé par l'association dans la dernière décennie.

Le complexe régional se voulait avant tout un centre d'apprentissage et de transfert des connaissances sur la chasse et la pêche. Les élèves des écoles de la région auraient entre autres pu faire du canot sur le marais, l'explorer en revêtant de grandes bottes, identifier des spécimens de la flore et la faune terrestre tout comme aquatique. Le comité organisateur du CRAIE prévoyait aussi aménager des sentiers thématiques sur le castor et le trappeur.

Jean-Yves Gagnon rêvait de faire découvrir sa passion aux plus jeunes. «S'ils n'ont pas la chance d'apprendre à chasser et à pêcher dans leur famille, les jeunes s'y intéressent rarement plus tard, note celui qui serait prêt à réanimer le projet si d'autres personnes acceptent de se joindre à lui. Nous avons tellement une belle région pour le faire. En quelque sorte, c'est un patrimoine qu'il faut transmettre.»

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