Selon les chambres de commerce de la région

Cueilleur de bleuets: métier en voie de disparition?

Les bleuets sont vendus au poste d'achat. Un... (Photo Louis Potvin)

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Les bleuets sont vendus au poste d'achat. Un camion va se rendre à Dolbeau-Mistassini pour que son contenu soit congelé à l'usine de Bleuets Mistassini.

Photo Louis Potvin

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Louis Potvin
Le Quotidien

(RÉSERVE FAUNIQUE ASHUAPMUSHUAN) Est-ce que le métier de cueilleur de bleuets en forêt est voie de disparition? L'augmentation des dépenses, le prix et la rareté du bleuet en découragent plus d'un.

«Moi, c'est ma dernière année, ce n'est plus assez payant. Ça ne vaut plus la peine de monter», lance Laurent Lamothe. Lui qui depuis plusieurs années quitte Saint-Jérome pour venir ramasser pendant un mois des bleuets au km 143 de la réserve faunique Ashuapmushuan près de la rivière Normandin.

Cette année le bleuet est plus rare. Au lieu de 10 à 12 boîtes par jour, les cueilleurs peinent à récolter 5 boîtes en plus de 10 heures de travail. «Nos dépenses augmentent et le prix n'est pas bon. J'ai déjà pour 535$ d'essence de dépensé et on a de la misère à faire 100$ par jour. Cette année, il est vraiment trop bas. On fait rire de nous», déplore Richard Martel de Saint-Prime.

Le Quotidien a parlé avec une dizaine de cueilleurs réunis en campement à trois kilomètres de la route 167, à plus de 100 kilomètres de La Doré. Ce secteur est habituellement très bon pour la récolte. Ces cueilleurs apprécient le service offert par l'acheteuse qui est sur place.

Bernard Côté croit que la présence de seulement deux acheteurs dans la région (Bleuets Mistassini et Bleuets sauvages du Québec) limite la concurrence et tue le marché «Ils ont le monopole, ils peuvent donc fixer le prix qu'ils veulent. Quand des entreprises de l'extérieur venaient, on avait de meilleurs prix», avance-t-il.

Cette année le prix de départ a été fixé à 75 cents et est passé à 84 cents. Un montant jugé insuffisant selon les «ramasseux» rencontrés. Ils estiment qu'ils devraient recevoir au moins 1,50$ .

«Ça serait un montant équitable pour tout le monde. J'ai l'impression qui font de l'argent sur notre dos et qui veulent que la cueillette en forêt tombe», lance monsieur Tremblay qui ramasse en forêt depuis 40 ans.

Pourquoi continuer a le faire alors ? « On aime ça, et là cette année ce n'est pas payant. Il y a eu des meilleures années. Pourtant les acheteurs ont besoin du bleuet biologie, ils vantent leurs qualités. Ils le vendent plus cher, nous devrions avoir plus cher», réclame Michel Labonté de Trois-Rivières.

Peu de jeunes sont intéressés par ce métier. La relève est presque inexistante.

Un point de vue partagé par le représentant de l'Association des cueilleurs de bleuets Clément Bélanger qui siège au conseil d'administration du Syndicat des producteurs de Bleuets. «J'ai 70 ans et cette année je ne ramasse pas parce que c'est trop dur, il faut trop marché», affirme-t-il.

Ce dernier est bien au fait du mécontentement des cueilleurs en forêt. Il tient à nuancer leurs critiques. «Est-ce qu'on reçoit le juste de prix, je ne sais pas, mais chose certaine on ne se fait pas voler. Il faut mettre ça perspective.  Les acheteurs ont des dépenses et doivent composer avec la loi du marché», mentionne-t-il.

Pour dissiper les doutes, Clément Bélanger veut en savoir plus. «Je viens d'arriver au conseil d'administration. Je veux pour la prochaine année obtenir le prix que les transporteurs vendent le bleuet biologique ainsi que les frais qui sont liés à l'achat du fruit en forêt», a-t-il promis.

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