Au cours des dernières années, des étudiants en techniques policières ont patrouillé plusieurs secteurs sur deux roues. Mais c'est la première fois qu'une unité de policiers de la Sécurité publique de Saguenay est créée.
Pour former la nouvelle escouade, la ville a octroyé 160 000 $ de plus au budget de la police.
Depuis la fin du mois de juin, les patrouilleurs à vélo assurent la surveillance dans les parcs, les événements et les endroits plus difficiles d'accès en voiture.
« Nous le savons, il existe des problématiques de drogue et de prostitution à certains endroits. Nous voulions assurer une meilleure sécurité aux gens qui vont dans ces endroits », explique le maire Jean Tremblay.
« Il y avait des étudiants policiers à vélo, mais c'était moins efficace. Car ils ne possédaient pas les mêmes pouvoirs que les vrais policiers. »
Rapprocher les policiers des citoyens fait également partie de la mission de cette jeune escouade, précise le magistrat.
« Lorsque les policiers arrivent avec leur auto, ça peut intimider des gens. Et ça dérange également dans les événements. Le vélo, c'est plus convivial, plus amical », estime le maire de Saguenay.
« Les policiers peuvent également rencontrer des victimes et leur parler. En fait, c'est une police plus humaine, plus proche des gens », ajoute M. Tremblay.
Policiers sportifs
Chaque jour de travail, les policiers pédalent entre 30 et 60 km sur leur vélo de montagne Devinci. Tous les membres de cette nouvelle escouade entretenaient déjà une passion pour le cyclisme avant de faire partie de l'escouade. Mais les six policiers de Saguenay ont tout de même dû effectuer une formation pour apprivoiser leur nouvel outil de travail.
« Nous sommes tous des sportifs. Et nous avons tous un passé de vélo », lance la policière Marie-Michelle Fradette.
« Nous avions tout de même besoin d'une formation pour apprendre à nous servir d'un vélo à notre avantage. Par exemple, il peut nous servir de barricade, il peut bloquer la circulation. Nous devions également réaliser des parcours d'habileté », détaille Gabriel Girard.
Plus d'un mois après leur première patrouille à vélo, les deux policiers constatent que ce service répond à un réel besoin.
« C'est évident que le besoin est là. Il n'y a pas une journée où on n'est pas intervenu auprès d'un contrevenant ou d'une personne qui avait besoin d'aide ou d'information », plaide Gabriel Girard.
« Et notre but n'est pas de sortir les gens des parcs. Nous voulons assurer la sécurité des gens et le respect de la réglementation », poursuit Marie-Michelle Fradette.
Par ailleurs, le vélo comme moyen de transport est très utile dans certains événements. Outre les festivals, les policiers sur deux roues peuvent intervenir dans des situations où leurs confrères en véhicule de patrouille sont moins efficaces.
« Le vélo se glisse partout. Nous avons d'ailleurs été appelés à intervenir sur un événement survenu dans des sentiers étroits », donne en exemple le policier Girard
Et les deux cyclistes sont clairs. Les policiers à vélo peuvent intervenir et agir dans les mêmes situations que n'importe quel autre policier qui se déplace en véhicule.
«La seule chose qui est différente, c'est le transport de détenu. Ça serait compliqué derrière un vélo», lance avec humour Gabriel Girard.