Enfants, étudiants, retraités, travailleurs, professeurs d'université et enseignants du cégep s'étaient réunis pour la dernière présentation de la tournée régionale du coporte-parole de la CLASSE. La veille, seulement 20 personnes s'étaient présentées, à Jonquière.
La présence de Québec solidaire et de son cochef, Amir Khadir, à Chicoutimi, simultanément avec celle de Gabriel Nadeau-Dubois, n'était qu'un pur hasard, assure le coporte-parole, tout en avouant qu'il est possible que la forte présence populaire soit en partie causée par ce fait.
Tout au long de l'heure qu'a duré le discours, le représentant étudiant a souligné l'importance de la lutte faite par ses pairs, en plus de mentionner quelques enjeux qu'il juge primordiaux, comme le féminisme, la démocratie, la justice sociale et l'écologie.
La filature
En entrevue, Gabriel Nadeau-Dubois ne s'est montré guère surpris par la nouvelle de l'émission Enquête stipulant que la Sûreté du Québec aurait cessé la filature d'Eddy Brandone, un ancien dirigeant de la FTQ-Construction et militant du Parti libéral du Québec (PLQ), après un entretien qu'il aurait eu avec Jean Charest (voir texte p.11).
«On sait que ce parti est rongé par la corruption. Les Québécois ne sont même plus étonnés lorsque des nouvelles concernant la corruption sortent, lorsque l'on apprend les rapports entre le premier ministre et des gens proches de la mafia. C'est certain que ça fait peur de voir que la police aurait renoncé à faire une enquête. Mais nous ne sommes pas surpris.»
Selon lui, la corruption n'est pas due au fait que des individus soient malhonnêtes, mais plutôt au système (capitaliste) dans lequel ils vivent.
Des libéraux... instructifs
Dans son discours, l'étudiant en histoire a affirmé qu'il «faut écouter les libéraux lorsqu'ils nous parlent... c'est souvent très instructif! Lors de son dernier budget, Raymond Bachand a dit que son budget représentait une révolution culturelle. Un ministre libéral qui utilise une expression maoïste, on aura tout vu, a-t-il dit sous les rires de la foule. On pouvait alors relever les véritables intentions de ce gouvernement, dont l'objectif n'est pas comptable. L'objectif est culturel. Il veut changer notre culture. S'il veut opérer cette révolution, il devait commencer quelque part. Son départ a été les étudiants. S'il avait réussi à nous briser les reins, ç'aurait été une porte ouverte pour toute une série de mesures.»
L'étudiant a terminé en mentionnant que si la «vague de solidarité créée par le mouvement» ne parvient pas à déloger le gouvernement le 4 septembre, «elle aura certainement un impact sur l'avenir du Québec».