La saison sauvée par la pluie

La récolte de bleuets s'annonce bonne, mais ne sera pas exceptionnelle comme... (Le Quotidien, Archives)

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Le Quotidien, Archives

Louis Potvin
Le Quotidien

(SAINT-FÉLICIEN) La récolte de bleuets s'annonce bonne, mais ne sera pas exceptionnelle comme l'an dernier. La pluie de dimanche est venue sauver la récolte de la Bleuetière coopérative Ticouapé de Saint-Méthode.

« La pluie de dimanche a fait un très grand bien, car les bleuets étaient secs et ils étaient difficiles à ramasser. Nous avions de la misère à atteindre un poids intéressant par boîte. J'étais plutôt pessimiste «, informe le président de l'entreprise, Gérard Baril.

Au lieu des 2,3 millions de livres de l'an dernier, les 30 membres devraient récolter un peu plus d'un million de livres de petits fruits bleus. « C'est quand même bon, car avec le gel du 26 mai, nous ne pensions pas atteindre ce rendement. Nous avons été chanceux malgré tout, car il y avait encore beaucoup de plants qui n'étaient pas en fleur et la pollinisation a été excellente «, explique celui qui a été pendant neuf ans à la tête du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec.

Les personnes doivent couvrir plus de terrain pour remplir les 100 boîtes totales qu'elles peuvent ramasser par jour. Hier, ils ont commencé à 5 h du matin pour terminer autour de 9 h 30. Ils se promènent dans les champs avec leur cueilleuse qui permet de récolter le fruit sans trop de feuilles. Ils empilent les boîtes dans des remorques ou dans les boîtes de camionnettes pour ensuite les transporter au poste de déchargement et de pesée.

Manne économique

Les membres de la coopérative reçoivent 20 cents de la livre cueillie. Chaque boite peut contenir 40 livres, ce qui représente une somme d'environ 800 $ par jour. « Ce sont des revenus intéressants. Ça démontre que le bleuet est un apport économique pour la région. Pendant des années, ça permettait à nos parents de pouvoir payer la rentrée scolaire. En 1945, on avait 6 $ de la boîte, c'était de l'argent à l'époque. J'avais 5 ans et je me souviens que mon grand-père Omer disait qu'un jour le bleuet sauverait la région. Il n'avait pas tort, car cette industrie va bien comparativement à la foresterie «, mentionne l'homme de 71 ans.

Plusieurs familles vont encore aux bleuets pour payer la rentrée. Gérard Baril affirme que des membres de la coopérative gardent l'argent de la récolte pour payer l'université de leurs petits-enfants.

Le prix offert par les acheteurs est de 60 cents la livre, les membres en reçoivent 20. Le reste sert à payer les frais de la bleuetière. « Les gens ne se rendent pas compte de l'argent qu'il faut investir pour avoir une bonne récolte. La préparation a exigé un investissement de 450 000 $, ce qui comprend les herbicides, les engrais, les salaires et la machinerie. Seulement en pollinisation, ç'a coûté 121 000 $ cette année «, illustre Baril.

Avance

Gérard Baril considère que l'avance de 60 cents offerte par les acheteurs est raisonnable. « Ce qui compte, c'est le prix final. Cette année, on parle que la dernière ristourne sera de 10 à 14 cents, ce qui veut dire que nous aurons près de 1 $ pour le bleuet de 2011, ce qui est très bon vu l'année record que nous avons connue «, affirme-t-il.

La récolte à la coopérative a débuté vendredi dernier et, jusqu'à présent, 400 000 livres de bleuets ont été cueillies. Elle devrait se poursuivre encore deux semaines.

Même s'il s'agit d'un travail exigeant, tous les membres de la coop ont le sourire aux lèvres lorsqu'ils arrivent à la pesée, satisfaits que la journée soit terminée. Les boîtes de bleuets sont placées sur des palettes et ensuite entreposées dans une remorque qui se rendra dans une usine de congélation.

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