Les mannequins étaient suspendus à des viaducs de Jonquière et de Chicoutimi, soit ceux du boulevard du Royaume, du boulevard Mellon, du boulevard Saint-Paul, du pont de Sainte-Anne et au viaduc du secteur Rivière-du-Moulin. Ils ont été retirés tôt en matinée par des policiers et par des employés de la ville.
«Par celle-ci [l'adoption de la loi 78], les étudiantes et étudiants, les travailleuses et travailleurs, tout comme l'ensemble des citoyennes et citoyens se sont vus enlever leurs libertés d'association et d'expression, dénonce un communiqué envoyé par le collectif de résistance qui a vu le jour dans la région il y a six mois. [...] Le déclenchement d'élections n'étouffera pas le mouvement de soulèvement populaire que suscitent les décisions des élus. L'État veut notre silence, et sous le prétendu motif d'assurer la paix sociale [...]. Sans droits, seuls l'éclat et la désobéissance porteront notre message. Nous ne nous tairons pas.»
Le collectif «se veut une plate-forme de militantisme qui favorise l'action directe en réaction aux agissements du gouvernement». Il est composé de personnes issues de différents milieux. «Sans porte-parole, sans existence physique, les différentes actions du collectif seront revendiquées par voie de communiqués [qui seront] livrés directement aux médias», ajoute-t-on dans le communiqué.
Enquête en cours
«Une enquête a été ouverte pour tenter de retrouver les auteurs de ces gestes, explique le porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay, Bruno Cormier. Ils contreviennent au règlement municipal qui interdit de suspendre des mannequins. Plusieurs citoyens nous ont appelés en panique ce matin, croyant qu'il s'agissait de personnes réelles. Ces mannequins étaient aussi dangereux pour les automobilistes. Le déplacement de masses d'air aurait pu causer des dommages à certains véhicules.»
Les personnes ayant commis ce geste s'exposent à des amendes de 100 $. Dans le règlement de la Ville de Saguenay sur le maintien de la paix et de l'ordre, il est stipulé qu'«il est défendu d'afficher, d'installer, d'exposer ou de maintenir à l'extérieur d'une propriété, qu'elle soit publique ou privée, un mannequin, une image, une reproduction ou l'effigie d'un pendu».
Ce règlement est entré en vigueur il y a plusieurs années après que certaines personnes aient utilisées un mannequin pendu pour décorer leur maison à l'Halloween, puisque cette image peut troubler les personnes ayant vécu un suicide au sein de leur famille.
La suite dans la version papier du Quotidien, demain