Quatre travailleurs auraient préféré se prévaloir d'une prime de départ plutôt que de revenir à l'usine au terme du lock-out.
Tel que proposé par la compagnie dans le cadre du protocole de retour au travail, chaque employé est admissible à une prime de départ volontaire équivalente à deux semaines par année de service au sein de la multinationale. Cet incitatif est offert lors d'une réunion de groupe, puis de façon individuelle à chaque salarié.
L'objectif de cette démarche n'est pas de pousser les personnes à la retraite, mais bien de permettre à ceux qui le désirent de réorienter leur carrière.
Depuis la fin du conflit de travail, au début de juillet, à peine une centaine de syndiqués Métallos de l'aluminerie ont retrouvé leur poste. La compagnie a 90 jours pour réintégrer l'ensemble de ses 780 travailleurs.
«À l'intérieur du protocole, il existe un programme de départ de volontaire, explique la responsable des relations publiques de RTA, Claudine Gagnon. Tous se verront offrir cette option de façon systématique.»
La raison exacte derrière ces quatre départs ont été impossibles à obtenir. Néanmoins, il est évident que le retour au boulot se fait dans un esprit d'affrontement plutôt que dans un climat propice à la réconciliation. Au lendemain d'un lock-out qui a duré six mois, la situation était prévisible.
L'implantation d'un nouveau modèle d'affaire à l'usine en irrite plus d'un. Des formations de base sont imposées, des nouvelles façons de faire devenues la règle. Certains se sentent rabaissés, traités comme s'ils étaient des novices.
Tel que rapporté par Radio-Canada la semaine dernière, la direction a aussi resserré la vis en retirant aux employés le droit de se reposer une fois leurs tâches complétées. Dorénavant, ces derniers doivent être occupés pour la totalité de leur quart de travail.
Des portes ont été enlevées, des fauteuils remplacés par des chaises : tout a été mis en oeuvre afin que chaque heure payée soit travaillée.
Il serait par ailleurs interdit de discuter du conflit avec le personnel cadre. Des sanctions auraient été imposées en ce sens, mais ce détail n'a pu être officiellement validé.
«Des règles ont été modifiées et d'autres le seront dans l'usine. Un retour en usine n'est jamais facile, surtout après un long conflit comme celui-ci. Nous en étions conscients. Nous avons tout mis en place pour assurer la protection des cadres et des syndiqués», insiste Claudine Gagnon.
Présentement en congé, le président du Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA), Marc Maltais, n'a pu être joint par Le Quotidien.
Le vice-président de l'organisation, Hugues Villeneuve, a cependant admis l'existence de frictions à l'intérieur de l'usine.
«Nous ne désirons pas commenter ce qui se passe pour le moment, mais il y a en effet des choses à revoir dans le protocole. Nous travaillons là-dessus et si ça ne change pas, nous envisageons une sortie médiatique très prochainement», confie-t-il.