Fermeture définitive

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Novelis a annoncé hier qu'elle maintenait la fermeture de son usine de la rue Fay, à Arvida

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Myriam Gauthier
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) « Novelis est une compagnie sans coeur «, lance avec amertume le premier magistrat de Saguenay, Jean Tremblay, en réaction à l'annonce de la fermeture définitive de l'usine Novelis de Jonquière, hier. Le comité de relance aura tout tenté pour donner une deuxième vie à l'usine, soutient-il, mais les dirigeants de la compagnie n'ont jamais voulu coopérer.

Novelis a annoncé hier matin qu'elle maintenait la fermeture de son usine dès mercredi prochain. Quelque 160 travailleurs se retrouveront ainsi sans emploi. Novelis, dont le siège social est situé à Atlanta, en Géorgie, est une filiale du géant indien de l'aluminium Hindalco, établi à Mumbai.

« Cette entreprise n'a aucun sens de la chose sociale, ajoute le maire. On a présenté plusieurs projets pour relancer l'usine, sans que ça leur fasse de la compétition, mais les dirigeants n'avaient aucune ouverture. Ils préfèrent laisser l'usine là, avec les équipements, payer un surveillant et payer les taxes municipales du terrain. Ils disent qu'ils ne savent pas encore quoi faire avec l'usine. «

Jean Tremblay avait toujours espoir que les 160 travailleurs puissent oeuvrer dans l'usine de la rue Fay après le 6 août. « Depuis notre visite à Atlanta en mai, on pensait jusqu'à la fin qu'on allait pouvoir trouver une solution pour relancer l'usine «, ajoute-t-il.

Le maire est particulièrement déçu du rejet des propositions de relance par Novelis. « On avait le soutien du gouvernement comme jamais, souligne Jean Tremblay. On avait des experts sur le dossier et on avait approché des entreprises. On était prêts à acheter l'usine. Ils ne voulaient rien savoir. On aurait même voulu faire de la crème glacée dans cette usine-là et ils auraient dit non. «

Le ministre du Travail, Sam Hamad, avait mandaté l'ancien directeur régional d'Alcan, Yvon D'Anjou, pour travailler avec le comité de relance de l'usine et négocier avec les dirigeants de Novelis. Une des options de relance les plus considérées par le comité était d'adapter l'usine pour la fabrication de ferrure, des tiges d'aluminium qui permettent de solidifier des pièces usinées.

« Quand quelqu'un est trop riche, il n'a pas de coeur, laisse tomber le maire. Je l'ai senti. Le Saguenay, ce n'est rien pour eux. J'ai souvent chialé contre Rio Tinto Alcan, mais au moins ils n'ont jamais eu cette attitude d'arrogance et d'indifférence totale. «

Novelis avait annoncé sa décision de fermer l'usine au début du mois d'avril. La compagnie a invoqué l'excédent de la capacité de laminage, l'éloignement des marchés et le coût du métal pour justifier la fermeture inattendue de l'usine arvidienne.

Support de Claude Patry

Le député néo-démocrate de Jonquière-Alma, Claude Patry, a annoncé qu'il offrirait son soutien aux 160 familles de travailleurs touchés directement par la fermeture de l'usine. Il compte s'assurer que les travailleurs puissent recevoir toute l'aide dont ils ont besoin. En outre, le député rappelle à nouveau les nombreux impacts collatéraux qui seront provoqués par la fermeture de l'usine. « Dès 2004, j'avais soulevé des inquiétudes à voir les entreprises de la région être vendues à des intérêts financiers étrangers, a fait savoir l'ancien syndicaliste, par voie de communiqué. Avec la mondialisation des marchés, les lieux de décision sont maintenant très loin de nous, de notre réalité, et les décisions se prennent à l'autre bout du monde, sans que nous ayons un mot à dire. «o

Mgauthier@lequotidien.com

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