Huit plaisanciers ont eu la frousse

 

Martin Bélanger
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Un groupe de huit plaisanciers est passé près d'une catastrophe dimanche dernier sur un lac près du réservoir Pipmuacan, situé à 130 kilomètres au nord-est de Chicoutimi.

Les huit personnes profitaient de la journée de la Fête nationale pour faire une balade en ponton sur le lac des Canots jusqu'au moment où leur embarcation a fait naufrage en fin d'après-midi.

«Je passais la fin de semaine à mon chalet. Je me préparais à aller pêcher la truite vers 16h dimanche quand quelqu'un qui m'accompagnait a entendu des cris. Je me suis approché du lac et j'ai entendu à mon tour une femme crier au secours à plusieurs reprises», raconte Denis De Champlain, courtier immobilier dans une agence de Chicoutimi lors d'une entrevue au Quotidien.

«Je me suis rappelé que j'avais vu passer un ponton sur le lac durant la journée. Dès que j'ai entendu les cris, j'ai embarqué dans mon bateau pour aller à leur secours. Une fois sur place, j'ai aperçu huit personnes à l'eau. Deux avaient leur veste de flottaison, alors que les autres étaient agrippés au ponton», continue le courtier.

L'embarcation a coulé a environ 200 mètres de la rive. Le chalet de M. De Champlain se trouvait pour sa part sur l'autre rive à un kilomètre du naufrage.

Le ponton fait maison, long d'une quinzaine de mètres, a coulé à cause d'une trop grande quantité d'eau dans ses flotteurs. Une trappe se trouvait sur chacun de ceux-ci. Lorsque le conducteur a accéléré, l'eau est entrée en trop grande quantité par les trappes dans les flotteurs rendant l'embarcation trop lourde.

Heureusement pour les plaisanciers, le ponton a fait naufrage dans un secteur peu profond du lac. Le moteur du bateau s'est déposé au fond du plan d'eau l'empêchant ainsi d'être complètement immergé dans l'eau.

«Ils sont très chanceux. Le lac fait 20 mètres de profond à certains endroits. L'eau était également très froide. Des passagers grelottaient, alors qu'ils n'ont été qu'une dizaine de minutes dans l'eau», explique M. De Champlain. Ce dernier était le seul qui se trouvait dans les environs. «Si le naufrage avait eu lieu deux minutes plus tard, les conséquences auraient probablement été plus graves. Ils ont eu une leçon de vie», a-t-il renchéri.

Selon Louis-Philippe Éthier, président de l'École de sécurité nautique du Québec, il faut avoir un permis d'embarcation lorsqu'une personne construit elle-même son ponton. L'obtention de ce permis permet de vérifier si le bateau flotte convenablement en plus de calculer le nombre de personnes maximal qu'il peut embarquer. «Souvent les gens ne savent pas qu'ils doivent obtenir ce permis. De plus, il y a un coût à ça, ce qui peut rebuter certaines personnes», explique M. Éthier. «Je ne peux évaluer si le nombre de passagers était trop élevé, car je n'ai pas l'embarcation sous les yeux. Cependant, chaque plaisancier aurait dû avoir une veste de flottaison, c'est obligatoire», ajoute-t-il. M. Éthier invite les amateurs de sports nautiques à se renseigner, en ce début d'été, afin de savoir si leur embarcation est sécuritaire.

«C'est la première fois que j'ai eu à secourir des gens. Le stress est énorme. J'ai embarqué tous les passagers très rapidement sur le coup de l'adrénaline», conclut M. De Champlain.

Martin.belanger@lequotidien.com

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