Façon d'annoncer le décès d'une femme mariée

L'AQDR réclame des changements

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Le regroupement régional de l'AQDR demande que cesse... ((Photo Marianne Saint-Gelais))

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Le regroupement régional de l'AQDR demande que cesse l'utilisation du nom du conjoint dans l'avis de décès d'une femme mariée.

(Photo Marianne Saint-Gelais)

Laura Lévesque
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Le regroupement régional de l'AQDR (Association québécoise de défense des droits des retraités) dénonce la manière d'annoncer le décès d'une femme mariée dans les rubriques nécrologiques.

Dans une lettre envoyée à différents médias et résidences funéraires du Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'organisation réclame que cesse l'utilisation du nom du conjoint dans l'avis de décès.

En effet, le nom de famille du mari est habituellement inscrit en lettre majuscule sur l'annonce. Le prénom et le nom de famille de la défunte sont indiqués à côté entre parenthèses.

«Cette manière de faire est désuète et incorrecte. Depuis 1996, la femme mariée, tout comme la femme religieuse, est tenue de s'identifier sous son seul et vrai non, celui de sa naissance. Dans les systèmes de santé, administratif et judiciaire de notre province, la femme doit être correctement identifiée. Ce droit est tout aussi légitime à son décès qu'au cours de sa vie», plaide l'AQDR, dans une lettre signée par Gisèle Gobeil, administratrice et agente de liaison.

L'organisation qui défend les droits des retraités va plus loin en écrivant que cette appellation devient une fausse identité. Elle souhaite que le nom véritable de la dame apparaisse en premier, en gras et sans parenthèses. «Comme on annonce le décès d'un homme ou d'une femme célibataire», donne en exemple l'Association.

Ce traitement différent réservé aux femmes mariées et non au mari est également soulevé par l'organisation.

«S'il apparaît important d'indiquer le lien marital, que le nom du mari soit inscrit en second, en dessous et entre parenthèses. Dans ce cas, ce serait une bonne stratégie qu'une telle information soit ajoutée à l'annonce du décès d'un marié: que le nom de son épouse soit indiqué de la même façon.»

Résidences funéraires

Questionnés sur cette demande, les responsables de maisons funéraires ont été surpris par la missive de l'AQDR. Ils tiennent d'ailleurs à préciser pourquoi cette manière d'annoncer le décès est privilégiée.

«Le but de l'avis de décès est de montrer le réseau du défunt pour faire en sorte que le plus de gens possible savent que la personne est décédée. Avec cette façon de faire, les gens font également le lien avec les enfants du défunt», précise Brigitte Deschênes, de la Coopérative funéraire du Saguenay, ajoutant qu'elle demeure ouverte à certains changements et à discuter avec les membres de l'AQDR.

Même son de cloche du côté du Complexe funéraire Carl Dufour. La thanatologue et directrice adjointe, Marianick Jean, est ouverte à rencontrer l'Association pour parler du sujet. Cette dernière rappelle toutefois que ce sont les clients qui ont le dernier mot.

«Ce sont eux qui décident. Et souvent, les proches veulent que les gens replacent leur mère qui est connue sous le nom de son mari. L'autre raison, c'est pour faire le lien plus rapidement avec les enfants qui portent le nom du père. C'est comme les gens qui disent que ça ne donne rien d'inscrire le nom des frères et soeurs de la défunte qui sont déjà morts. Mais au contraire, ça permet à des gens de reconnaître la personne. Le but, c'est de donner le plus d'indices possible sur l'identité», détaille Mme Jean, ajoutant également que c'est la famille qui décide quelle appellation est privilégiée.

Jointe vendredi dernier, l'AQDR section Alma, d'où provenait la lettre, n'a pas retourné l'appel logé par la représentante du Quotidien.

Llevesque@lequotidien.com

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