à l'aide pour forcer le ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec à protéger ce qu'ils considèrent comme étant la dernière forêt de proximité de grande valeur.
Marc Grenon et Bruno Villeneuve mènent le combat qui a reçu l'appui du groupe environnemental l'Action boréale. Ils craignent que l'émission de permis autorisant la réalisation des routes de pénétration et la récolte forestière ne se transforme en saccage d'une forêt qui comprend des merisiers de 400 ans: «C'est quand même rare un arbre de 400 ans. Nous ne demandons pas d'interdire la coupe, mais nous voulons qu'elle soit encadrée», précise Marc Grenon, qui livre cette bataille depuis plusieurs années.
Les villégiateurs ne comprennent pas le comportement de la direction régionale du ministère. Ils ont entre les mains une évaluation de cette grande forêt datée de 2012 et produite par la biologiste Gaétane Brisson. Cette dernière intègre aux forêts de haute valeur pour la protection le territoire qui fera l'objet d'émissions de permis de coupe et de réalisation de routes de pénétration.
«On a proposé au ministère de trouver d'autres endroits pour réaliser la récolte de 75 000 mètres cubes qui est demandée par les entreprises. Serge Ruel du ministère nous a répondu qu'il n'y avait pas d'autre endroit pour récolter du bois blanc. C'est vraiment terrible s'il n'y a plus de place ailleurs pour récolter du bois. La foresterie est en très mauvaise situation», reprend Bruno Villeneuve, qui habite en permanence dans cette forêt.
Les deux individus qui espèrent empêcher des coupes qu'ils comparent à des «coupes à blanc» ont fait réaliser par un ingénieur forestier indépendant un projet de récolte pour la forêt Cyriac qui permettrait de protéger les zones plus sensibles. La direction régionale, selon leurs propos, a refusé d'utiliser ce document pour encadrer la récolte qui doit se faire au cours des prochaines années sur le territoire.
Les villégiateurs comptent sur des appuis autres que ceux des groupes environnementalistes pour stopper la récolte industrielle. L'ingénieur forestier de la ville de Saguenay invoque de son côté la nécessité de protéger le bassin versant qui permet d'alimenter en eau potable les réseaux d'aqueduc municipaux, l'encadrement visuel et évidemment, les demandes des citoyens qui souhaitent conserver une forêt de proximité en bon état.
Le seul et unique moyen à la disposition des villégiateurs pour empêcher le MRNF d'accorder les permis de coupe à Val-Bois (feuillu) et à la Scierie Girard (résineux) est de démontrer qu'il y a dans les plans de coupe des interventions qui vont à l'encontre de la réglementation de la Loi sur les forêts. Les villégiateurs sont conscients de la difficulté qui se présente devant eux et c'est pour cette raison qu'ils veulent éveiller l'opinion publique.
Les villégiateurs réfutent les allégations à l'effet qu'ils agissent de la sorte pour protéger des territoires de chasse à l'orignal dans un secteur de qualité et reconnu. Ils affirment vouloir simplement protéger une forêt.
Au début des années 2000, les mêmes villégiateurs ont connu une première expérience avec les opérations forestières. Ils affirment que les travaux réalisés à cette époque ont tout simplement fait disparaître la forêt. Les entreprises forestières n'ont pas agi convenablement selon l'évaluation qu'ils en font.
Les deux dirigeants des villégiateurs invoquent de plus qu'ils ont déposé une demande de création d'une autre zone protégée auprès du ministère du Développement durable et de l'Environnement pour assurer la protection de la forêt Cyriac. Pour accorder un tel statut, les spécialistes du ministère doivent en arriver à la conclusion que le territoire proposé présente des caractéristiques particulières constituant un témoin pour la biodiversité du Québec.
Le ministère n'en fait pas état, mais ils sont de plus en plus conscients du recours à l'aire protégée par des groupes d'intérêt pour freiner les appétits de l'industrie.
La direction régionale du ministère fera le point aujourd'hui sur les démarches en cours dans ce dossier.
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