Les appuis au syndicat s'effritent

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Six mois après le début du conflit à l'aluminerie d'Alma de Rio Tinto Alcan... (Photo archive)

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LAURA LEVESQUE
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Six mois après le début du conflit à l'aluminerie d'Alma de Rio Tinto Alcan (RTA), la cause syndicale semble s'essouffler. Mais la population régionale reste plus divisée que jamais.

Dans un sondage téléphonique réalisé entre le 4 et 6 juin dernier par la firme Segma Recherche pour le compte des journaux Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche, RTA récolte 35 % des appuis, alors que 38 % des sondés demeurent derrière les troupes de Marc Maltais. Une baisse de 8 points pour le mouvement syndical et une hausse d'un point pour RTA (non significatif statistiquement), depuis le premier sondage réalisé en janvier dernier.

Les neutres sont passés à 16 % (14 % au début du conflit). Et une personne sur 10 n'a exprimé aucune opinion.

Le sondeur posait directement la question: « Dans le conflit de travail qui oppose Rio Tinto Alcan à ses employés syndiqués de l'aluminerie d'Alma, qui avez-vous davantage tendance à appuyer, RTA ou les employés syndiqués? » En janvier, 46 % des sondés répondaient les employés syndiqués.

« Au début du lock-out, les gens étaient plus émotifs, plus sensibles aux syndiqués. Mais après six mois, les gens considèrent davantage l'aspect économique du conflit et les impacts dans le milieu. Le côté rationnel l'emporte sur l'émotion », explique le président de la firme Segma Recherche, Raynald Harvey.

La prudence de la compagnie dans les sorties publiques justifie également cet essoufflement, selon le sondeur.

« Pour que le syndicat marque plus de points, il aurait fallu que l'entreprise fasse des erreurs monumentales pour attiser les émotions négatives à son endroit. RTA est cependant resté, la plupart du temps, ''low profile'' », constate M. Harvey.

Alma

Les Almatois demeurent plus empathiques aux demandes syndicales. C'est à Alma que l'appui aux travailleurs est le plus important avec 43 %, un résultat semblable au premier coup de sonde. Le syndicat recueille également plus de support que RTA dans le reste du Lac-Saint-Jean.

Au Saguenay, les deux parties récoltent pratiquement autant d'appuis avec 37 % pour RTA et 38 % pour les lock-outés. Ce qui représente une baisse de 6 points pour le mouvement syndical.

Les femmes de la région continuent de faire pencher la balance dans ce conflit. Les hommes restent divisés en supportant à 38 % les syndiqués et 38 % pour RTA, alors que 38 % des femmes appuient le syndicat et 32 % la compagnie.

RTA triomphera

Signe que les enjeux syndicaux laissent les gens sceptiques, la majorité de la population croit que RTA triomphera à la fin du conflit. Une position inchangée depuis le mois de janvier.

Questionnée sur les enjeux du conflit, la flexibilité pour utiliser de la sous-traitance demandée par la compagnie contre l'obtention d'un plancher d'emploi réclamée par le syndicat, 58 % de la population voit déjà RTA grande gagnante. Seulement 22 % des sondés pensent que les syndiqués vont remporter leur pari.

Polarisation gauche-droite

Le débat entourant le conflit chez RTA est maintenant polarisé gauche-droite, au même titre que d'autres enjeux d'actualité, dont le conflit étudiant, estime Raynald Harvey.

« La polarisation qu'on remarque ailleurs au Québec sur d'autres questions existe aussi dans la région. Et ce n'est plus fédéraliste contre nationaliste. C'est l'axe gauche-droite aujourd'hui. Une lutte opposant les lucides et les solidaires. Ceux qui appuient le syndicat vont appuyer les étudiants » donne en exemple M. Harvey.

Le Quotidien publiera demain la suite du sondage qui concerne le conflit étudiant et les intentions de vote au provincial et au fédéral. o

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