Régine Laurent salue le réveil du Québec

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la... (photo Rocket Lavoie)

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La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la Santé du Québec, Régine Laurent, a salué le réveil du Québec sous l'impulsion des étudiants qui s'opposent à l'augmentation des droits de scolarité, lors de son allocution d'ouverture du conseil fédéral de la FIQ, lequel regroupe 600 délégués à Chicoutimi.

photo Rocket Lavoie

Louis Tremblay
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) lance un appel régional à la mobilisation pour soutenir le mouvement d'opposition à l'augmentation des frais de scolarité et un soutien aux travailleurs en lock-out de l'Usine Alma de Rio Tinto Alcan.

Régine Laurent a profité du message d'ouverture aux 600 délégués réunis en conseil fédéral à Chicoutimi pour souligner le 25e anniversaire de fondation de la fédération syndicale et faire le point sur le climat politique qui prévaut au Québec. Un climat, selon elle, qui force les organisations syndicales à saisir la balle au bond pour freiner l'appétit des « possédants et arrogants » qui bénéficient d'appuis politiques aussi bien à Québec qu'à Ottawa.

« La taxe de santé que nous avons combattue n'a pas permis d'améliorer les soins à la population. L'augmentation des frais de scolarité ne permettra pas plus d'améliorer l'éducation aux jeunes dans les universités au Québec. C'est simplement une vision idéologique qui fait payer à la classe moyenne les services qu'elle doit s'offrir», a plaidé Régine Laurent.

« Comment ça se fait que malgré cette taxe, les Québécois attendent de plus en plus dans les urgences, ne sont pas capables de consulter un médecin et que les personnes âgées sont de plus en plus délaissées», insiste la leader syndicale pour dénoncer l'échec de ce choix politique du gouvernement Charest.

Elle a ainsi fait longuement référence à ce grand mouvement de contestation lancé par les jeunes que l'on croyait individualiste et qui se présentent maintenant dans une autre dynamique dans laquelle ils se soucient de l'environnement, du bien collectif et d'une plus grande égalité.

«Alors que depuis des années, le gouvernement du Québec croule sous des allusions de corruption, un jeune mineur de Chambly fait face à des amendes de plusieurs milliers de dollars pour le seul crime d'avoir parlé dans un mégaphone lors d'une manifestation. La Loi 78 est dénoncée par les Nations Unies, les groupes sociaux et les avocats du Québec puisque le gouvernement s'attaque à la dignité du droit d'association », reprend la syndicaliste.

Elle a cité en exemple la manifestation tenue mardi soir dernier devant le Centre de santé et de services sociaux de Dolbeau-Mistassini. Le syndicat FIQ avait jugé nécessaire de manifester pour dénoncer l'attitude de l'employeur. En quelques minutes, deux patrouilles de la Sûreté du Québec ont pris position à proximité des manifestantes.

«Dans la conjoncture actuelle, c'est l'ensemble du Québec qui redécouvre les vertus et la force de l'appartenance à une communauté, qui redécouvre tranquillement la suprématie du nous sur le je. Je crois qu'il est important et essentiel que nous saisissions bien la portée historique de ce qui se passe, toute la profondeur du conflit social que nous vivons», a lancé Régine Laurent tout en mentionnant que les choses ont déjà changé depuis que les étudiants ont pris la rue, et qu'il sera impossible de retourner en arrière.

« Par son mépris, son arrogance et sa mauvaise foi, le gouvernement Charest a choisi d'utiliser le conflit actuel pour mettre à mal certains éléments qui constituent les bases de notre paix sociale. À titre d'organisation progressiste et en tant qu'organisation représentative tributaire du droit collectif, il est temps de sonner l'alarme », conclut Régine Laurent.

ltremblay@lequotidien.com

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