Un coup de pouce à Marie-Ève Munger

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Voici Marie-Ève Munger, telle qu'on a pu la voir à Milwaukee, où elle a participé à un opéra de Mozart, il y a quelques semaines. Elle qui traverse, côté scène, a aussi appris qu'on lui attribuerait le prix Choquette-Symcox, qui provient de la fondation des Jeunesse musicales du Canada.

Courtoisie

Daniel Côté
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) Malgré ses états de service impressionnants, la soprano Marie-Ève Munger n'avait reçu aucune bourse, ni subvention, de la part des gouvernements, des fondations ou des mécènes qui s'intéressent à la musique classique. Cette anomalie sera corrigée aujourd'hui, alors que la Jonquiéroise recevra le prix Choquette-Symcox.

Il s'agit d'une bourse de 6500 $ attribuée par la Fondation des Jeunesses musicales du Canada. Destinée aux jeunes artistes québécois, elle fait l'objet d'une analyse rigoureuse de la part du comité de sélection. C'est d'ailleurs le sentiment d'avoir été choisie, davantage que le montant dont elle héritera, qui a touché l'interprète.

« Il s'agit d'un super coup de main. Je le prends comme une tape dans le dos, une forme de validation. Ça montre qu'ils croient en moi. Je me sens supportée », a commenté MarieÈve Munger hier, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Cette confiance s'est manifestée très tôt dans le processus, puisque la basse Joseph Rouleau a déposé sa candidature l'hiver dernier. Il avait côtoyé la soprano au Saguenay, alors qu'ils participaient à l'opérette Les Brigands. Après lui avoir appris l'existence du prix, lancé il y a deux ans, le vétéran de la scène lyrique a soumis un dossier en son nom.

Parmi les facteurs qui ont pu influencer le comité de sélection, Marie-Ève Munger note l'absence d'appui financier. « Je pense qu'ils ont été impressionnés par le fait que je n'ai reçu d'argent de personne. Or, ça coûte très cher de lancer une carrière en opéra. Il faut participer à des concours, des auditions. Ça représente énormément de travail », décrit-elle.

Le prix Choquette-Symcox permettra à la soprano d'accroître sa visibilité. Il est trop tôt pour confirmer quoi que ce soit, mais elle caresse quelques projets susceptibles de faire avancer sa carrière. Un séjour de trois semaines à New York, au cours de ce qu'on appelle la saison des auditions, pourrait être envisagé.

« Ce serait important d'y aller, mais vivre là-bas, ça coûte cher, explique Marie-Ève Munger. J'aimerais aussi passer des auditions au Canada anglais, notamment dans l'Ouest, où ne suis jamais allée. » Elle songe également à l'Europe, à un pays comme l'Allemagne, où on l'a déjà invitée à des auditions. Le moment serait bien choisi pour mettre un pied dans la porte.

Un premier Rigoletto

En attendant de faire de la prospection, Marie-Ève Munger est engagée dans l'une des plus belles séquences de sa carrière, côté scène. Elle a brillé en avril dans un opéra de Mozart, Il Sogno di Scipione, proposé par le Gotham Chamber Opera de New-York.

Peu après, c'est da ns u n autre Mozart, Idomeneo, que la soprano s'est fait remarquer. Elle a assumé le rôle d'Ilia dans une production de la Florentine Opera Company, basée à Milwaukee. « Il y avait une grosse distribution, des gens qui ont chanté dans les plus grandes salles. J'étais la plus jeune du groupe », rapporte la Jonquiéroise.

Elle retournera aux États-Unis la semaine prochaine, cette fois pour interpréter son premier Rigoletto. Ça se passera dans l'État de New-York, où le Saratoga Opera lui a demandé de prêter sa voix au personnage de Gilda. Quatre représentations seront données au début de juillet.

« Cette oeuvre est très agréable à chanter, mais en même temps, elle pose des difficultés. C'est la quintessence de l'opéra italien. Alors, il faudra que je sois au top », répond l'artiste lorsqu'on lui demande comment elle composera avec les pièges tendus par Verdi.

Une dernière sortie, cette fois en France, coïncidera avec les répétitions de l'opéra L'Enfant et les Sortilèges, de Ravel. Cette production du Festival d'Aixen- Provence sera réactivée à la fin de juillet, en vue d'une série de représentations données à l'automne, au Maroc.

Entre-temps, Marie-Ève Munger s'accordera une pause au Saguenay, ce qui ne sera pas de refus après des mois de travail incessant. « J'ai besoin de vacances », lance-t-elle en riant. Quelques semaines loin des aéroports, sans craindre d'attraper un rhume pouvant compromettre le succès d'une production, c'est bien assez pour faire rêver une chanteuse.

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