La production de bleuets menacée

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Même s'il est difficile d'évaluer les dommages, le gel survenu dans la nuit de... (Photo: archives Le Quotidien)

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Louis Potvin
Le Quotidien

(SAINT-FÉLICIEN) Même s'il est difficile d'évaluer les dommages, le gel survenu dans la nuit de jeudi, jumelé à celui de samedi dernier, va faire très mal à la production de bleuets 2012. Les pertes sont estimées à plusieurs millions de dollars.

«Nous allons avoir une meilleure idée quand le fruit va commencer à sortir, mais c'est certain que la production sera moins importante que prévu. Ces deux périodes de gel vont faire mal. Surtout celle de cette nuit (hier), car la température a été sous zéro pendant une bonne période de temps», expose le président du Syndicat des producteurs de bleuets, Marc Larouche. L'année 2012 s'annonçait pourtant exceptionnelle grâce à une floraison hâtive et abondante.

Le producteur et transformateur Jean-Eudes Senneville confirme que les pertes seront importantes. «80% des secteurs ont été touchés par la gelée et comme ç'a descendu jusqu'à moins 5, à certains endroits, les dégâts vont être importants. Je ne peux pas m'avancer sur le pourcentage des pertes, mais il sera probablement élevé. Nous allons avoir une meilleure idée dans trois semaines», estime celui qui est propriétaire de plusieurs bleuetières dans la région avec son groupe Bleuets sauvages du Québec.

Des producteurs de La Doré et Saint-Félicien ont enregistré des températures de moins 4 degrés Celsius tandis que le thermomètre affichait moins 2 degrés Celsius à Saint-Thomas-Didyme et Girardville. Les dommages causés par le gel se font vraiment sentir quand le baromètre atteint moins 4 degrés Celsius. Seul le secteur de Sainte-Margurite-Marie aurait été épargné, jeudi.

Le 26 mai, la température a chuté à moins 7 degrés Celcius dans le secteur Saint-Eugène et à moins 5 degrés ailleurs au Lac-Saint-Jean. «On le voit tout de suite le lendemain. Quand les fleurs ont été affectées, elles deviennent brunes», explique le président Larouche.

Plusieurs producteurs possèdent maintenant des thermomètres spécialisés pour enregistrer la température dans leur bleuetière. Ils se rendent avec l'enregistreur d'informations au Club bleuet pour faire prendre la lecture de variations de température et ainsi avoir une meilleure idée des possibilités de dégâts.

Il n'y a pas beaucoup de solutions pour contrer le gel. Certains producteurs ont investi dans un système d'irrigation et arrosent pendant la nuit pour protéger les plans. «Il y a même un producteur qui a installé un système de ventilation pour faire circuler l'air afin d'empêcher le gel. Je ne peux pas vous dire si ça fonctionne», témoigne Larouche.

Jean-Eudes Senneville avance que le gel voyage par corridor et qu'une bleuetière dans un secteur peut être épargnée tandis qu'une autre à côté est frappée par le gel.

L'an dernier, la récolte de bleuets a été d'environ 70 millions de livres en incluant la cueillette en forêt.

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