Réforme de l'assurance-emploi

Attaque massive contre les sylviculteurs

Le départ de travailleurs pourrait représenter des pertes... (Thierry Haroun, collaboration spéciale)

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Le départ de travailleurs pourrait représenter des pertes financières considérables pour les entreprises sylvicoles qui investissent beaucoup de temps et d'argent pour la formation de la main-d'oeuvre.

Thierry Haroun, collaboration spéciale

 

Isabelle Tremblay
Le Quotidien

(ROBERVAL) La réforme de l'assurance-emploi du gouvernement de Stephen Harper est une attaque directe contre le monde sylvicole, selon le directeur général de l'Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec (AETSQ), Fabien Simard.

« J'ai l'impression qu'on fait la chasse aux emplois saisonniers et qu'on ne reconnaît pas ce que nous faisons. On vient nous dire que nous ne sommes pas porteurs d'avenir parce que l'on ne peut pas rouler douze mois par année «, déplore-t-il.

Fabien Simard rappelle que ce sont les travailleurs forestiers qui choisissent de faire carrière dans ce secteur d'activités, mais que les entreprises sylvicoles ne peuvent pas leur garantir du travail douze mois par année. « Est-ce qu'il y aura des impacts et est-ce que nous allons perdre des travailleurs? La réponse est oui. Combien allons-nous en perdre? Je n'en ai aucune idée pour le moment «, commente M. Simard.

Avantage concurrentiel

Le salaire élevé qui est versé à ces employés est l'élément majeur qui pourrait réduire la perte de personnel.

Parmi les changements apportés au régime, les chômeurs qui reçoivent des prestations depuis un certain temps seront contraints d'accepter des emplois moins bien rémunérés.

Cette règle s'appliquera aux travailleurs sylvicoles, qui sont classés en tant que prestataires fréquents. Cela signifie qu'après sept semaines, ils devront accepter tout travail pour lequel ils sont qualifiés ainsi qu'un salaire valant 70 % de celui de l'emploi précédent.

« Ils gagnent entre 1000 $ et 1200 $ par semaine alors il deviendra plus difficile de leur dénicher des emplois dont le salaire correspond à 70 % de ce montant. Ce facteur devrait nous permettre de maintenir les emplois «, précise le directeur général de l'AETSQ.

Pertes énormes

Le départ de travailleurs pourrait représenter des pertes financières considérables pour les entreprises sylvicoles qui investissent beaucoup de temps et d'argent pour la formation de la main-d'oeuvre.

Selon Fabien Simard, il faut prévoir une période d'environ trois ans avant qu'un travailleur forestier soit pleinement autonome dans sa prestation de travail. « Former un débroussailleur prend 16 semaines. La première année de travail en est donc une d'adaptation. Cela représente des coûts importants pour les employeurs «, ajoute-t-il.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte 850 débroussailleurs et 650 reboiseurs. Environ 300 autres travailleurs gravitent autour d'eux.

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