Le réseau actuel répond à 10% des besoins des personnes âgées. « Il faut 500 millions de plus par année pour favoriser l'hébergement des aînés en perte d'autonomie », estime le président de la CSN, Engelbert Cottenoir. Ce dernier croit que ce montant est réaliste et qu'il peut offrir une meilleure qualité de vie à plusieurs personnes.
La CSN propose trois pistes d'actions dans sa campagne: miser davantage sur le soutien à domicile, parfaire l'offre d'hébergement public de longue durée et favoriser l'intégration de ces services autour des établissements publics pour en assurer l'accès et la qualité. « Les CHSLD (Centre d'hébergement et de soins de longue durée) s'occupent des cas plus lourds et quand les personnes ne correspondent pas aux critères, ils doivent aller voir ailleurs. Ça alourdit le système », constate M. Cottenoir.
Selon des données publiées en mars dernier par l'Association québécoise des retraité(e)s des secteurs publics et parapublics (AQRP), 64 personnes sont sur une liste d'attente pour une place en CHSLD. Au Québec, c'est plus de 7000 personnes qui patientent.
Nouvelle politique gouvernementale
La CSN est en accord avec la majorité des mesures apportées par le gouvernement Charest dans le cadre de la politique Vieillir et vivre ensemble, dévoilée il y a deux semaines. L'intégration des services et des outils de prévention afin d'assurer à tous la possibilité de vieillir dans la dignité, la volonté d'accroître l'offre de services aux aînés et les alternatives d'hébergement constituent quelques-unes de ces mesures.
Par contre, le président de la CSN déplore le manque de moyens pour atteindre les objectifs fixés. « Une règle en économie c'est ce qu'on prévoit, on doit avoir les ressources pour le faire », soutient M. Cottenoir.
La CSN est particulièrement déçue de la faiblesse de l'engagement du gouvernement pour ce qui est des services de soutien à domicile.
Dans sa propre campagne, Vieillir dans la dignité, la CSN invite la population à signer une déclaration afin de dire au gouvernement que sa politique ne va pas assez loin. « On doit mettre dès maintenant tous les efforts nécessaires. Ça presse excessivement », déclare le président de la CSN.
Des projections de l'Institut de la statistique du Québec indiquent que 33,1% de la population régionale sera âgée de 65 ans ou plus. M. Cottenoir espère que la campagne entraînera la conscientisation de la population.