Il s'agit de la principale recommandation des deux procureurs qui ont dirigé les enquêtes qui ont analysé la double noyade de la rivière Ahuapmushuan survenue le 22 juillet 2011 et la rivière Rouge le 12 juillet 2008. Le décès tragique des petits frères Louis et Mathieu Villeneuve avait causé tout un traumatisme et soulevé des questions de sécurité aquatique.
Rappelons que le 22 juillet 2011, la famille Villeneuve s'est rendue au chalet d'un parent situé en bordure de la rivière Ashuapmushuan dans le secteur de l'île aux Trembles, un endroit reconnu pour la présence de bancs de sable. Alors qu'ils marchaient dans la rivière, le père a soudainement perdu pied en raison de la profondeur d'une fosse. Sa conjointe a finalement pu l'aider à sortir d'impasse, mais les deux jeunes garçons ont péri.
«Le père n'était pas un adepte de la baignade et ses enfants et lui ne savaient presque pas nager. Les enfants ne portaient pas de veste de flottaison individuelle et n'avaient jamais suivi de cours de natation», souligne le coroner pour bien illustrer que le fait de ne pas savoir nager a été important dans cette tragédie.
Ce n'est pas la première fois au Québec que des coroners recommandent au ministère d'intégrer à la formation académique primaire un cours de natation spécifique. Un projet pilote a même été réalisé. Dans ces expériences, la Société de sauvetage a obtenu des résultats de diplomation de l'ordre de 79% pour cette formation de base qui aideraient à diminuer le nombre de noyades au Québec.
Pendant l'enquête, le directeur de la Société de sauvetage, Raynald Hawkins, a signalé au coroner que la très grande majorité des noyades se produisent à moins de 15 mètres du bord de l'eau, d'une embarcation ou d'un quai. Le scénario de la personne qui panique en tombant à l'eau et qui sombre en quelques secondes est observé régulièrement lors de ces événements.