L'organisme, qui tire son financement d'un partenariat entre les gouvernements et l'industrie, a réalisé un mandat d'évaluation de cette technologie importée d'Australie sous le vocable Timtek et rebaptisée Scrimtec dans les laboratoires de la Mississippi State Unversity, au début des années 2000. Cette demande a été formulée après que Résolu eut fait connaître son intention d'obtenir un financement sans intérêt de 100 M$ sur un projet global de 200 M$ et qui serait réalisé à Saint-Félicien.
Relations d'affaires
Le Quotidien a tenté d'obtenir la copie de l'avis produit par les spécialistes de l'organisme via la Loi d'accès à l'information. Le ministère a prétexté une disposition de la loi sur les documents concernant un tiers qui entretient des relations d'affaires avec l'État pour refuser de transmettre le contenu de l'avis. Son contenu a toutefois circulé dans les officines gouvernementales et dans les milieux bien informés sur l'industrie forestière.
«L'avis de FP Innovation démontre qu'il y a des problèmes au niveau commercial pour ce produit spécifique. Il s'agit d'un marché qui compte déjà plusieurs joueurs qui seront difficiles à déloger et non d'un nouveau marché que l'on peut développer. Il s'agit d'un produit qui peut en remplacer d'autres, mais qui n'a pas de caractéristique particulière qui lui permettrait de remplacer les autres produits», a indiqué au Quotidien une source qui a voulu conserver l'anonymat.
Le gouvernement aura de la difficulté à investir dans un nouveau projet dans les produits de type «laminated venir lumber». Plusieurs entreprises commercialisent des produits qui permettent de faire l'assemblage des systèmes de plancher ainsi que les linteaux de portes et fenêtres.
De plus, ce marché est tributaire du niveau de mise en chantier dans le secteur résidentiel aux États-Unis puisque la construction utilisant l'acier, comme les immeubles en hauteur et les immeubles commerciaux, n'utilise pas ce type spécifique de produit.
La SGF avait investi conjointement avec la papetière Tembec pour la construction d'une usine de 160 M$ pour un produit destiné au même marché à Amos en Abitibi. L'usine est aujourd'hui fermée et aucune entreprise n'a démontré d'intérêt pour son acquisition même si le prix a diminué.
L'entreprise Shuqualake Lumber installée au Mississippi a mis en production une première usine utilisant cette technologie. Il s'agit dans un premier temps d'un système de déchiquetage des tiges de bois sur la longueur. Les longues particules de bois sont ensuite installées dans des moules. Une résine est utilisée pour créer une pièce de bois qui est pressée de façon à donner de la solidité au produit.
Triage
L'intérêt de cette technologie concerne les tiges de petite dimension et de moins bonne qualité. Une opération de triage permettrait de destiner aux scieries le bois de bonne dimension et de conserver les petites tiges pour la fabrication de poutres avec la technologie Scrimtec.
Lors de sa dernière visite dans la région, le président et chef de la direction de Résolu, Richard Garneau, a fait l'éloge de la technologie Scrimtec.