Une pause dans l'achat de terres agricoles

La pause fait le bonheur de l'UPA

Le président régional de l'UPA, André Fortin... (Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Le président régional de l'UPA, André Fortin

Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Stéphane Bégin
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) La Banque Nationale (BN) fait une pause sur l'achat de terres agricoles au Lac-Saint-Jean. Une trêve qui fait le bonheur de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Saguenay-Lac-Saint-Jean et qui devrait permettre d'établir des normes pour la suite des choses.

Le président de l'UPA, André Fortin, se réjouit de la nouvelle et attend l'occasion de s'asseoir avec les dirigeants de l'institution financière pour discuter des années à venir.

«C'est une bonne nouvelle. Il faut savoir que le milieu agricole est fragile et qu'il ne lui faut pas grand-chose pour le déstabiliser. Et l'achat des terres agricoles par la Banque Nationale aurait pu défaire une bonne partie de ce système.

«Nous sommes chanceux que ce soit cette banque qui ait commencé à acheter des terres. La Banque Nationale, elle est de chez nous, les gens sont d'ici et parlent français. Nous avons pu les sensibiliser à la situation», raconte M. Fortin.

En fait, André Fortin en avait parlé lors de la dernière réunion de la CRÉ. Des discussions entre l'UPA et la banque ont mené à cette pause. Hier, Radio-Canada a confirmé que les autorités de la BN ont décidé de prendre un temps d'arrêt. Les transactions en cours vont se conclure et ce sera tout pour le moment.

Au cours des 18 derniers mois, la Banque Nationale a acheté l'équivalent de 12 500 acres de terres agricoles sur le territoire du Lac-Saint-Jean. L'objectif est de réaliser des profits avec ces terres, notamment en les louant pour l'exploitation.

L'UPA sait très bien qu'elle ne pourra toujours contrer cette offensive. Mais avant qu'elle ne se fasse à une plus grande échelle encore, l'organisme aimerait bien que les choses soient claires et surtout qu'elles ne déstabilisent pas le système régional.

«Il faut savoir que c'est un choix qui a été fait au Québec d'avoir des fermes qui appartenaient aux producteurs agricoles, qui demeuraient sur place et les développaient. Les agriculteurs vivent sur leur ferme et s'impliquent dans le milieu.

«Les agriculteurs propriétaires font virer l'économie d'une région. Ils encouragent les commerçants du coin, font affaire avec le vétérinaire de la place. Ce n'est pas l'objectif d'une banque. C'est tout ça qui est en jeu», reprend le président de l'UPA.

En plus, les agriculteurs ne se battent pas sur le même terrain des banques. Celles-ci utilisent des fonds d'investissement pour réaliser les achats, alors que les producteurs agricoles doivent emprunter sur le long terme pour acheter et développer leur terre.

André Fortin aimerait bien qu'un bureau d'enregistrement puisse connaître toutes les ventes réalisées pour les terres agricoles et ne détesterait pas implanter un mécanisme de contrôle sur cet aspect.

Pour l'instant, les dirigeants de la Banque Nationale seront invités à s'asseoir avec les responsables québécois de l'UPA, mais ceux-ci entendent le faire aussi avec les autres institutions financières. «Car nous savons que d'autres sont intéressées par ce projet d'achat de terres agricoles», conclut-il.

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