Pénurie de médicaments: angoisse dans la région

La pharmacienne Lucie Tremblay assure que, dans la... (Photo Rocket Lavoie)

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La pharmacienne Lucie Tremblay assure que, dans la plupart des cas, c'est possible d'obtenir le médicament manquant auprès d'une autre compagnie de fabrication.

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Sophie Turbide
Le Quotidien

(Chicoutimi) En plus de représenter un véritable casse-tête pour les pharmaciens, la pénurie de médicaments, qui sévit au Québec depuis 2008, sème encore l'inquiétude au sein de la population régionale.

Plusieurs clients angoissés par la situation se présentent dans les pharmacies du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « C'est "insécurisant" pour les patients de voir les changements dans leur médication », explique la pharmacienne Lucie Tremblay, de la pharmacie Couture et Champagne, située au magasin Loblaws à Chicoutimi.

Louis-Charles St-Pierre, pharmacien au Uniprix Fortin et St-Pierre, à Alma, soutient que les ruptures d'approvisionnement de certains médicaments provoquent beaucoup d'anxiété chez les patients qui devraient le consommer. L'absence du Purinethol, utilisé pour stabiliser la maladie de Crohn et dans le traitement de la leucémie, est l'exemple donné par M. St-Pierre. Les pharmaciens éprouvent de la difficulté à obtenir ce médicament depuis octobre 2010.

Pour sa part, la pharmacienne Véronique Lavoie, de la pharmacie André Claveau à Jonquière, mentionne que les gens s'inquiétaient beaucoup plus lorsque les pénuries ont fait leur apparition.  Depuis le temps que ça dure, nos clients se sont habitués aux ruptures de stock », précise Mme Lavoie.

Certains arrêts d'approvisionnement sont planifiés, mais les pharmaciens sont rarement avertis. « Parfois, on se rend compte des ruptures de stock avant que les compagnies nous envoient l'information par fax. On le remarque quand on passe les commandes », soutient Mme Tremblay.

Les pharmaciens ont plusieurs solutions de remplacement aux ruptures de stock, mais chaque problème se résout au cas par cas. « On va d'abord vérifier si le médicament est disponible chez d'autres grossistes. Ensuite, on s'informe auprès des autres pharmacies pour savoir si elles peuvent nous fournir le produit. Si ça ne fonctionne pas, on doit changer la posologie ou la médication en entier », explique M. St-Pierre. Pour tout changement dans les prescriptions, les pharmaciens doivent avoir l'autorisation d'un médecin.

Lucie Tremblay assure que, dans la plupart des cas, les pharmaciens sont capables d'obtenir le médicament manquant auprès d'une autre compagnie de fabrication. Mais des médicaments produits par une autre compagnie peuvent provoquer des effets secondaires chez les patients, ce qui rend parfois la substitution des produits plus ardue.

« Ça fait quelques années qu'on est confrontés à cette situation. Jusqu'à maintenant, on a toujours réussi à trouver des solutions », mentionne-t-elle. En revanche, Véronique Lavoie estime que c'est assez difficile pour eux de diversifier leurs fournisseurs. « On est tout le temps limités », déplore-t-elle.

Les causes de la pénurie sont multiples. L'incendie de l'usine de médicaments injectables Sandoz, à Boucherville, en mars dernier, est venu amplifier ce problème. Les trois pharmaciens interrogés ne croient pas que la situation est sur le point de changer. « Il faut que des choses soient faites. La tendance ne semble pas démontrer que le nombre de ruptures d'approvisionnement va diminuer », termine Lucie Tremblay.

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