Les Métis exigent un moratoire

Les commissaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement,... (Photo Rocket Lavoie)

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Les commissaires du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, Michel Germain et John Haemmerli, ont reçu les mémoires d'intervenants, hier, à propos de la création de dix aires protégées au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo Rocket Lavoie

Patricia Rainville
Le Quotidien

(JONQUIÈRE) Les Métis du Domaine-du-Roy et de la Seigneurie de Mingan sont contre la mise en place de dix aires protégées au Saguenay-Lac-Saint-Jean et exigent un moratoire sur la question.

Selon le porte-parole du Conseil, René Tremblay, la création d'aires protégées menacera les pratiques ancestrales des Métis.

René Tremblay, accompagné de Rémi Grenon, a déposé un mémoire devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) du gouvernement du Québec, hier. Des consultations avaient lieu sur la création de dix aires protégées au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est surtout la réserve aquatique de la vallée de la rivière Sainte-Marguerite qui a attiré l'attention.

« Il y a 60 personnes de la communauté métisse qui vivent dans le secteur. Nous construisons des camps, pratiquons la chasse, la pêche, la trappe, la cueillette, la randonnée. Toutes ces pratiques sont menacées par l'aménagement d'une aire protégée et nous ne sommes pas favorables «, a insisté René Tremblay devant les commissaires du BAPE, Michel Germain et Jonh Haemmerli.

« Assistons-nous à la mise en place de petits parcs pour en créer un plus grand? Nos territoires accessibles sont réduits à peau de chagrin «, a souligné René Tremblay.

Il indique que les Métis ont besoin d'une consultation spécifique, au même titre que les Autochtones et les Inuits. Toutefois, le gouvernement a déjà refusé cette demande. « Nous demandons donc un moratoire «, a mentionné René Tremblay avant de déposer son mémoire.

Laurent Thibault

Le maire de Sainte-Rose-du-Nord, Laurent Thibault, s'est également présenté devant la commission. Bien qu'il ne soit pas contre la création d'aires protégées, il a manifesté quelques inquiétudes. « Sainte-Rose-du-Nord est en train de se faire encercler par les aires protégées. Assez, c'est assez «, a indiqué Laurent Thibault qui assure toutefois ne pas être contre le projet. « Ce que la municipalité et les citoyens de Sainte-Rose veulent, c'est de pouvoir gérer ces aires protégées et d'assurer leur protection. Je peux vous le dire, les citoyens en ont soupé des aires protégées «, a dit le maire.

Il se questionne également sur plusieurs points. « On ne pourra plus faire d'aménagement? On ne pourra plus circuler normalement? J'aimerais qu'on réponde à ces questions «, a demandé Laurent Thibault.

Michel Germain a affirmé que les demandes et les recommandations des intervenants allaient être remises au ministre une fois les consultations terminées.

De leur côté, Jacques Perron et Camille Ménard, membres du groupe des Amis du lac Résimond, ont affirmé être en accord avec le projet de réserve aquatique de la rivière Sainte-Marguerite. Toutefois, les deux villégiateurs, qui possèdent des habitations dans le secteur, désirent pouvoir continuer à couper du bois, ce que la mise en place d'une aire protégée empêchera.

Par ailleurs, le Conseil régional de l'environnement et du développement durable du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'est dit en accord avec le projet, estimant que le processus devait même être devancé.

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