Président du syndicat des producteurs de bleuets

Gilbert Desrosiers congédié

L'administration du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec a congédié... (Photo: archives Le Quotidien)

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Louis Potvin
Le Quotidien

(SAINT-FÉLICIEN) L'administration du Syndicat des producteurs de bleuets du Québec a congédié son directeur général, Gilbert Desrosiers alors que le vice-président Pierre Boivin a démissionné dans la foulée de la vente de bleuets à une entreprise américaine alors que c'était interdit.

Une situation très délicate pour le président Marc Larouche. « C'est très déconcertant ce qui arrive. Nous avons réagi rapidement à la suite de la demande d'enquête déposée à la Régie des marchés agricoles. Nous avons fait notre enquête et dû prendre des moyens drastiques pour rétablir l'ordre au sein de notre organisation. Comme nous n'avions plus la confiance du directeur général, nous lui avons suggéré de démissionner, il n'a pas voulu. Nous avons dû le congédier «, a-t-il indiqué au journal Le Quotidien.

Selon Larouche, seuls le directeur général et le vice-président étaient au courant de l'intention d'une compagnie du Maine d'acheter des bleuets dans la région. « Selon ce que nous savons, au moins six producteurs auraient vendu de 100 000 à 130 000 livres de bleuets à cette compagnie, ce qui représente cinq camions. Notre vice-président aurait demandé à maintes reprises au directeur général de s'assurer que la compagnie signe la convention avant que des transactions aient lieux, ce qui n'a pas été fait «, explique-t-il.

En effet, selon la convention de mise en marché du bleuet, toute entreprise qui veut acheter des bleuets au Saguenay-Lac-Saint-Jean doit être signataire de cette convention et déposer une garantie de responsabilité financière de 2 M$. Ce qui n'a pas été le cas dans cette affaire.

Selon Marc Larouche, les transactions se seraient effectuées en argent comptant sur montant final sans tenir compte du principe des avances. « Rien n'a été fait selon les règles de la convention. Comme le vice-président a constaté qu'il avait commis des erreurs importantes dans cette affaire, il a décidé de démissionner «, mentionne le président.

Ce qui est plus embarrassant pour l'ex-président Pierre Boivin, c'est qu'il est policier au poste de la Sûreté du Québec de la MRC Maria-Chapdelaine. Pour l'instant, aucune accusation n'a été portée contre lui, mais une plainte aurait été déposée, a indiqué la porte-parole de la SQ Hélène Nepton, sans en dévoiler la teneur. « Nos procureurs analysent la situation. « Pierre Boivin devra vraisemblablement s'expliquer devant la Régie si elle accepte la requête de Bleuets sauvages du Québec.

Amendes de 50 cents la livre

Le président Larouche assure que les règles de la convention seront respectées et qu'une amende de 50 cents la livre sera imposée aux producteurs fautifs, ce qui représente une somme de plus de 50 000 $.

Aussi, ce qui inquiète le Syndicat, c'est que les boîtes utilisées n'auraient pas été désinfectées contre la propagation de la mouche du bleuet. Une infestation de cet insecte dans la région serait une catastrophe pour cette industrie.

« C'est la pire chose qui pouvait nous arriver alors que nous voulions améliorer la position de nos membres et obtenir une meilleure collaboration des transformateurs. Là, on vient de faire un grand pas en arrière. Nous allons tout faire pour retrouver notre honneur. De plus, nous allons tenter de répondre à toutes les demandes présentes dans la requête afin d'éviter d'avoir à nous présenter devant la Régie des marchés agricoles «, assure le président visiblement ébranlé par cette affaire.

La Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec n'a pas encore statué sur la pertinence de cette demande d'enquête déposée par Bleuets sauvages du Québec.

Pour l'instant, le conseil d'administration est à la recherche d'un nouveau directeur général et se prépare pour l'assemblée générale qui aura lieu le 28 avril. Comme l'an dernier, cette rencontre se tiendra à huis clos. Les journalistes ne pourront pas y assister.

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