Le leader syndical, qui a également été candidat du Parti libéral du Québec lors des élections de 2008, s'est exprimé sur la question, vendredi matin, lors d'un point de presse.
«La nationalisation est un débat qui a déjà eu lieu. Par contre, quand on voit que tous les surplus générés à l'heure actuelle par la baisse de production à l'usine d'Alma sont achetés de façon obligatoire par Hydro-Québec - à quel prix, j'aimerais bien le savoir -, on peut fortement se questionner sur les privilèges que cette compagnie-là obtient. On peut se demander à quel point elle est sensible aux avantages qu'elle possède. Quand j'entends parler de cette obligation qu'a la société d'État, dans laquelle nous sommes actionnaires, alors que l'usine a été fermée de façon volontaire, on peut commencer à remettre en question (son statut)», a-t-il indiqué lorsque interrogé sur le sujet.
Sa position a provoqué des applaudissements nourris de la part des quelque 300 lock-outés rassemblés devant le local des Métallos d'Alma.
Président syndical de l'aluminerie, Marc Maltais a enchaîné en signalant que la nationalisation du potentiel hydroélectrique de RTA fait partie de sa stratégie à long terme, si le conflit perdure. Il juge néanmoins prématuré de militer en ce sens.
En entrevue avec Le Quotidien, Marc Maltais avait mentionné, plus tôt cette semaine, qu'il entend aborder la question lors de l'assemblée générale annuelle des actionnaires de Rio Tinto, qui se tient à Londres, le 19 avril prochain.
«En retirant Rio Tinto de la nationalisation, on s'attendait à des retombées, à un équilibre. Le pdg de la compagnie, M. Tom Albanese, le disait récemment à New York, lors d'une conférence de presse. Le nationalisme énergétique est exactement ce qu'ils ne veulent pas. Ils veulent garder ça privé. Ceci dit, je suis confortable avec ça s'il y a des retombées positives pour nos collectivités. C'était l'idée maîtresse du bail de la Péribonka. Maintenant, il y a un déséquilibre qui semble évident aujourd'hui. À court terme, je suis plus apte à travailler pour ramener cet équilibre-là. Mais, ça demeure dans les cartes», a-t-il ajouté vendredi.